RFI: Une élection ukrainienne cruciale mais sans enjeux

Séquence « Appel à Correspondant » diffusé sur RFI, le 20/05/2014

En Ukraine, nous sommes à tout juste 6 jours du premier tour de l’élection présidentielle. Un scrutin très important après la révolution de l’Euromaidan et la chute de l’ancien régime autoritaire de Victor Ianoukovitch. Le gouvernement ukrainien et les occidentaux en attendent une légitimité renforcée pour faire face aux accusations d’illégitimité lancées par Vladimir Poutine. Mais sur place, la campagne est assez molle…

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Tout d’abord, dans un contexte de violence continue dans l’est du pays, est-ce qu’on est sûr que l’élection va se tenir ? Et si oui, dans quelles conditions ?

Oui, sauf imprévu de dernière minute, comme une intervention militaire russe de grande ampleur, rien ne peut empêcher le premier tour de l’élection. La situation dans le pays est relativement stable au jour d’aujourd’hui, hormis évidemment l’annexion russe de la Crimée et les troubles dans deux régions orientales du pays. En tout, ces trois régions abritent environ 7 millions de personnes, soit environ 4 millions d’électeurs enregistrés, qui assez probablement ne pourront pas voter, ou en tout cas pas dans des conditions normales. Mais il restera plus de 30 millions d’électeurs enregistrés, dans les autres régions du pays, qui pourront prendre part au vote. Selon un récent sondage, plus de 70% d’entre eux compte voter. Il y aura 2000 observateurs internationaux qui seront déployés dans les bureaux de vote. On s’attend à moins de fraudes électorales que d’habitude, donc l’élection pourrait bien être légitime.

Mais de toutes les manières, il faut dire que cette élection n’a pas vraiment d’enjeu idéologique. Il y a 21 candidats, mais celui qui se démarque depuis des semaines, c’est Petro Porochenko, le roi du chocolat, qui pourrait même devenir président dès le premier tour.

Vraiment dès le premier tour ? Petro Porochenko est si populaire que ça ?

La popularité dans les circonstances actuelles, c’est relatif. En fait, Petro Porochenko bénéficie d’un effet de consensus post-révolutionnaire. Les groupes politiques qui ont soutenu la révolution, et bien ils se sont tous mis d’accord pour ne pas s’entretuer pendant la campagne. La principale rivale de Petro Porochenko, la sulfureuse Ioulia Timochenko, a elle-même déclaré qu’ils n’étaient pas adversaires !

Petro Porochenko, miliardaire, oligarque du chocolat, homme politique très prudent et très pragmatique, bénéficie aussi d’une réputation de bon manager, de chef d’entreprise efficace et moins corrompu que les autres. Et c’est ce qu’il dit dans sont programme : il veut réformer l’Ukraine, l’ouvrir au monde, et remettre l’économie sur pieds. Après des années de mauvaise gestion c’est un discours qui séduit une population ukrainienne qui veut aller de l’avant.

Mais tout de même, la révolution s’était battue contre l’oligarchie… n’est-ce pas un constat d’échec si un oligarque arrive au pouvoir ?

Oui et non. D’une part, aucun leader particulièrement charismatique n’a émergé pendant la révolution. Donc il faut bien choisir parmi ceux qui sont présents. D’autre part, en vertu d’une réforme constitutionnelle, le président de la république ne sera plus aussi puissant que ses prédécesseurs. Donc il y a moins de risques de dérive.

Mais tout de même, oui, indéniablement, c’est un certain constat d’échec. Hier encore, j’étais sur la place Maidan à Kiev, l’épicentre de la révolution, et les militants qui gardent le campement disent bien qu’ils se sont battus pour une alternative politique et des réformes de fond du système. Si cela ne se profile pas dans un futur proche, personne n’exclut que les manifestations reprendront de plus belle. Parce que cette fois-ci, au contraire de la révolution orange de 2004, les Ukrainiens ne veulent pas laisser passer leur chance de changement.

Libération: La Révolution au Palais

Article publié dans Libération, le 23/02/2014

Ebahis et respectueux, les Ukrainiens ont visité ce week-end l’immense propriété de Ianoukovitch, source de fantasmes pendant quatre ans.

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«Ne marchez pas sur les pelouses ! Il ne faut pas abîmer les lieux !» Une mère de famille rappelle à l’ordre des journalistes étrangers qui marchent en dehors des allées du parc de la résidence de Mezhyhirya. Depuis 2010 et l’arrivée au pouvoir de Viktor Ianoukovitch, la propriété privée de l’ancien président avait symbolisé tous les abus, détournements de biens publics et corruption dont le régime avait été accusé.

«Autre monde». Samedi, le parc a été ouvert pour la première fois au public. Ianoukovitch a fui la capitale dans la nuit de vendredi à samedi. Depuis, aucun policier n’est visible dans le centre de Kiev, et tous les employés et membres des forces de sécurité de la résidence ont abandonné les lieux. «Les gens sont venus prendre le contrôle, voir la résidence du Président, se rendre compte de la corruption en Ukraine, voir par eux-mêmes ce qu’il a fait», résume Dmitro, un citoyen parmi les milliers qui ont fait le déplacement. «Personne ne pouvait imaginer tout ça», soupire-t-il.

L’intérieur du luxueux manoir et des autres bâtiments du site est resté interdit d’accès au public, protégé par les groupes d’autodéfense de l’Euromaidan, le mouvement de protestataires antigouvernementaux. «Il faut protéger tout cela, pour en faire un exemple, explique Maria, une étudiante qui contemple, ébahie, l’opulence de la résidence de 135 hectares. Je voudrais que l’on en fasse un centre de santé pour les enfants, pour les personnes défavorisées. Ou alors, on pourrait le transformer en mémorial ou en parc payant.»

Certains pensent déjà à un musée de la corruption. En attendant, pas question de dégrader quoi que ce soit. Les centaines de familles, enfants, retraités, couples se tenant par la main se sont contentés de déambuler dans le parc soigneusement aménagé, entre zoo et yacht-club, du sauna à l’orangerie, d’une étable de vaches à lait à un garage rempli de voitures de luxe.

«C’est calme ici», murmure Taras. Lui est assis sur un banc du parc et profite d’une vue imprenable sur le réservoir de Kiev, grand lac au nord de la capitale. «Avec tous ces troubles, cela fait trois mois que je ne suis pas sorti de Kiev et que je ne suis pas allé dans les bois. On dirait un autre monde», ajoute-t-il. En face du manoir, fait de bois précieux, un homme parade en maillot de bain : il vient de se livrer à la tradition slave de baignade dans l’eau glacée, dans un des bassins du jardin. Un peu plus loin, des militants des groupes d’autodéfense s’essaient à quelques swings sur le vaste terrain de golf. «C’est un symbole fort. Vous avez Disneyland en France, nous avons Mezhyhirya, parc d’attractions de la corruption !» plaisante Oksana, un jeune designer.

Renationalisation. Ancienne propriété de l’Etat soviétique, privatisée dans des conditions douteuses, la demeure était passée aux mains de proches de Viktor Ianoukovitch, dont l’identité était longtemps restée un mystère, perdue entre différentes compagnies enregistrées à l’étranger. Le président déchu affirmait notamment ne détenir que 2 hectares de terrain.

Le Parlement révolutionnaire a voté hier la renationalisation de la propriété, sans indiquer de futurs projets pour les lieux. «J’espère qu’ils vont avoir de bonnes idées, prévient Oksana. C’est à partir d’endroits comme celui-là que l’Ukraine de demain va se dessiner. Nous ne pouvons pas échouer.»

RFI: En Transnistrie, les Affaires sont les Affaires

Reportage co-réalisé avec Damien Dubuc, diffusé dans l’émission « Accents d’Europe », le 19/12/2013

En Transnistrie, qui a fait sécession de la Moldavie en 1992, un capitalisme assez débridé règne, et l’économie est tournée vers l’exportation, surtout vers l’Union Européenne. Un débouché menacé alors que la Moldavie vient de parapher un accord d’association avec l’UE.

Atelier de confection de l'usine d'Odema, à Tiraspol.  Photo: Damien Dubuc, Octobre 2013
Atelier de confection de l’usine d’Odema, à Tiraspol.
Photo: Damien Dubuc, Octobre 2013

Les ateliers de l’usine Odema fourmillent d’une activité débordante. Des dizaines de couturières s’affairent à assembler des manteaux et des vestes, dans des locaux qui sont en cours de modernisation. Ici, sont produits des vêtements pour de grandes marques occidentales, telles que Versace, Dolce & Gabanna ou encore Moncler. Ici, c’est à Tiraspol, la capitale de la Transnistrie, petit pays sécessionniste, dont le gouvernement se réclame encore de l’héritage soviétique. Mais pour la chargée de communication de l’usine, Olga Ivanovna, cela n’a pas d’importance. Elle traite avec des clients qui se soucient peu de politique, et pour elle, seule compte la qualité.

Olga: Vous voyez, tout est fabriqué ici selon les normes les plus élevées, avec des conditions de sécurité et d’hygiène très stricts. Chaque article passe au contrôle technique pour s’assurer d’une qualité maximale. Nous fabriquons de tout, des milliers de modèles différents, des grands, des petits, des moyens. Nous pouvons tout faire et répondre à toutes les demandes de nos clients.

Olga Ivanovna travaille chez Odema depuis 26 ans. Du temps de l’Union Soviétique, l’entreprise était un géant national, elle employait 7000 personnes dans plusieurs républiques du bloc communiste. Odema compte aujourd’hui 400 employés, payés 250 euros par mois en moyenne. Ils sont réunis dans une usine du centre de Tiraspol, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Alors que l’entreprise exporte traditionnellement vers la Russie, Odema a du se tourner vers le marché européen pour survivre. Et ce dernier marché, déjà difficilement accessible, est aujourd’hui menacé… Raisa Hailova est à la tête de l’entreprise depuis 2007. Elle explique les complications qu’elle doit affronter.

Raisa: Nous sommes enregistrés à la fois ici à Tiraspol, et à Chisinau, la capitale moldave. Pour exporter vers l’Union européenne, et bénéficier de facilités douanières, il faut être enregistré en Moldavie. Nous payons des impôts seulement ici, mais par contre, pour nos exportations, il faut s’acquitter de droits de douane ici et en Moldavie.

Le cas d’Odema n’est pas isolé. Contrairement à une idée généralement admise, l’économie de la Transnistrie n’évolue pas en vase clos. Le pays bénéficie jusqu’à présent des mêmes facilités commerciales que la Moldavie, ce qui lui garantit un accès préférentiel aux marchés européens.

Mais ces facilités pourraient être remises en cause bientôt. Chisinau cherche à établir une zone de libre-échange avec l’Union Européenne, qui devrait exclure la république séparatiste de Transnistrie.

Iouri Ganine est le vice-président de la chambre de commerce de Transnistrie. Pour lui, le danger est réel, d’autant que l’économie transnistrienne n’est tout simplement pas prête à perdre ses privilèges commerciaux. 

Iouri: La Transnistrie a été créée comme une terre industrielle. Du temps de l’URSS, de nombreuses industries ont été installées ici, sur la rive gauche du fleuve Dniestr. Environ 40% de notre PIB vient de l’industrie. Mais la Transnistrie, que ce soit au niveau politique, économique ou technique, n’est pas prête à l’établissement d’une zone de libre-échange entre la Moldavie et l’Union européenne. Nous ne voulons pas perdre l’accès aux marchés européens. L’an dernier, 29% de nos exportations sont parties vers l’Union européenne. Si le marché intérieur nous est fermé, ça va être un gros problème pour nous.

Comme il l’indique, la Moldavie a reçu 550 millions d’euros pour se préparer à l’impact du libre-échange avec l’UE. Mais la Transnistrie, rien.

Ces craintes sont partagées au plus haut sommet de l’Etat. A quelques centaines de mètres des ateliers, on trouve les bureaux de l’administration présidentielle Le jeune chef de l’Etat, Yevgueny Shevchuk est en poste depuis décembre 2011. Pour lui, la non-reconnaissance de son pays est le problème numéro un pour l’économie. Il s’estime victime d’une stratégie de pressions de la part de la Moldavie et de l’Europe.

Shevchuk: Le manque de reconnaissance de notre État provoque des dysfonctionnements importants pour notre économie, par exemple, de plus en plus de jeunes quittent la Transnistrie et il y a de plus en plus de retraités ici. Beaucoup de nos entreprises sont modernes et compétitives. Mais nous en avons trop peu, et nous aimerions encourager le développement de nouvelles industries avec des nouvelles technologies. La Transnistrie a des atouts certains, mais pour les exploiter, il nous faut un signal, une impulsion venue de l’extérieur : notre reconnaissance internationale

En filigrane, l’impossibilité de recevoir des prêts internationaux ou de développer une politique d’investissement efficace. Mais dans son bureau à Odema, Raisa Hailova ne voit pas cela comme une fatalité. Après tout, indépendamment de la géopolitique, les affaires sont les affaires.

Raisa: On a travaillé, On travaille, on travaillera. C’est comme ça, nous sommes un business, il n’y a pas d’autre choix. Les marchés européens sont très compétitifs, et difficiles d’accès. Et ça pourrait s’empirer. Nos spécialistes prennent ça en compte, et on cherche à diversifier nos débouchés.

Elle reconnaît tout du moins que les contrats de sous-traitance avec Versace ou Dolce & Gabanna pourraient être remis en cause. Mais si le commerce avec l’Europe devient trop compliqué, elle va juste aller voir ailleurs. Après tout, le grand frère russe n’est jamais trop loin…

Ecouter le reportage ici

Угода про асоціацію між Україною і ЄС. Соціальна політика і освіта. Інфографіка

Originally published on the website of Центр UA, texty.org.ua and Українська Правда

Незважаючи на зміну вектору влади щодо підписання угоди про асоціацію, ми продовжимо друкувати серію інфографік про переваги, які надавав цей документ Україні. Угоду підписано не буде. А ми розкажемо про те, що мало б статися, якби в Януковича була мужність.

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Глави, присвячені соціальній політиці та охороні праці в Угоді про асоціацію – це переважно гарантія не погіршення тих умов, які є зараз. Адже український КЗпП, навіть за європейськими стандартами, дуже непоганий, а подекуди навіть кращий, ніж законодавство багатьох країн ЄС.

Втім, значна частина норм цього законодавства просто не виконується. Підписання угоди, звісно ж, не стане запорукою виконання законів, але дасть гарантію того, що ЄС тиснутиме на Україну, аби влада належно втілювала взяті на себе зобов’язання.

Отже, Україна та ЄС погодилися, що кожна зі сторін може встановлювати власні рівні соціальної політики й охорони праці та регулювати їх на свій розсуд, але робити це згідно з міжнародно визнаними угодами і принципами.

Українське законодавство має забезпечувати високий рівень охорони праці, і деякі його аспекти повинні бути наближені до рамкового законодавства ЄС – тобто такого, що визначає певні рамки регулювання та стандартів, в межах яких кожна країна ЄС пише свої закони.

Угодою передбачені й певні зміни, зокрема у тому, що стосується трудових прав, безпеки на робочому місці, недискримінації в трудових правах за різними ознаками.

Також передбачене було посилення співпраці у сфері професійно-трудової та вищої освіти, аби вони відповідали стандартам ЄС, а також гармонізація кваліфікацій і робочого стажу українських та європейських працівників.

Угода про асоціацію між Україною і ЄС. Експорт товарів сільського господарства. Інфографіка

Originally published on the website of Центр UA, texty.org.ua and Українська Правда

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Головним результатом підписання угоди між Україною та ЄС стане створення зони вільної торгівлі – поглибленої і всеосяжної. Будуть усунуті бар’єри в торгівлі не лише товарами, а й послугами, а також частково спроститься рух робочої сили.

Отже, ключовий розділ угоди – щодо торгівлі й торгівельних питань – ми проаналізували у двох наступних інфографіках.

У тій, що ми презентуємо на цій сторінці, представлені зміни, які очікують на українських виробників сільськогосподарської продукції. Саме в цій галузі буде проведено найбільше реформ і усунено найбільше нетарифних обмежень.

Санітарні та фітосанітарні заходи, сертифікація і метрологія, проходження митниці, ринковий нагляд, оцінка відповідності – Україна бере зобов’язання максимально наблизитися до стандартів ЄС у всіх цих сферах.

Тарифні ж обмеження на експорт української с/г продукції ЄС скасує частково – 85% товарів ввозитимуть до ЄС без мит, а на решту 15% введуть нульові тарифні квоти.

Перелік основних видів продукції та квоти на них ви можете побачити на інфографіці. Більше інформації – в тексті угоди й додатках.

Угода про асоціацію між Україною і Європейським Союзом. Експорт послуг. Інфографіка

Originally published on the website of Центр UA, texty.org.ua and Українська Правда

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Цього разу ми пропонуємо інфографіку, котра пояснює ще дві сфери торгівлі, в яких очікуються значні зміни після підписання угоди. Минулого тижня інфографіка стосувалася торгівлі сільськогосподарськими товарами. Цього разу – скасування бар’єрів у торгівлі послугами, а також часткового спрощення руху робочої сили.

Про експорт послуг важко говорити предметно, адже це не товар, який виготовляється за певними правилами, транспортується, перетинає кордон, продається і споживається в іншій країні.

Особливість послуг у тому, що вони споживаються в момент створення. В розділах Угоди, які стосуються експорту послуг, практично немає цифр, і користь від змін, які стануться після підписання Угоди, важко виміряти монетарно.

Ще одна особливість розділів угоди про надання послуг – у них йдеться лише про заборони та обмеження.

Будь-яка діяльність, яка не згадується в угоді, може вільно вестися українськими підприємцями на території ЄС. Всі винятки – прописані в документі, і жодні інші обмеження, не передбачені ним, застосовуватися не можуть.

Отже, це гарантія, що в діяльність українських підприємств не втрутяться і її не заборонять, незважаючи на те, як змінюватиметься національне законодавство кожної з країн-членів ЄС.

The Ukrainian Week: Interview with Petro Poroshenko

Interview conducted with Petro Poroshenko on 24/09/2013, published on the website of The Ukrainian Week, 09/10/2013. 

The Ukrainian version of this interview has been published on the website of Український Тиждень, 02/10/2013.

The government is not doing everything necessary for the Agreement to

be signed

At the Yalta European Strategy (YES) summit, The Ukrainian Week talks to Petro Poroshenko about European integration, Ukrainian-Russian relations and Kyiv mayor election. Interviewed by Sébastien Gobert

UW: How did you enjoy the YES (Yalta European Strategy)? 

I think this is very positive. From my point of view, this is a unique platform for foreigners, top experts and politicians throughout the world to discuss the strategy for Ukraine in this changing, difficult world. From year to year, the level of the guest is higher and higher. Especially now. This year is crucial for Ukraine, maybe one of the most important in Ukrainian history. You know we have the opportunity to sign an Association Agreement and a Deep and Comprehensive Free Trade Agreement (DCFTA) with the European Union. We have this unique chance and not everybody is happy with this Ukrainian choice. And I am proud of the way Ukraine reacts to this pressure. It demonstrates that all Ukrainians united and that the idea of the European Association has become a national idea.

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Undoubtedly, Yalta was a success. The level of support Ukraine received from different parts of the world – the USA, the EU, Asian countries, Turkey – was unprecedented. And it was also the first time that all Ukrainian guests, be it the President, the opposition and more, spoke with one voice.

UW: You say that the quality of the guests is higher and higher every year. How do you assess the quality of Sergei Glazyev?

Any guest is welcome. We should give an opportunity to everyone to present their position. Sergei Glazyev did not come as a private person but as one of chief advisors to Russian President Vladimir Putin on Ukraine. Most probably these are the messages Putin wanted to have delivered, although he would not do it personally. I think we should at least understand the Russian position. Everybody wants to present the situation as a trade war between Russia and Ukraine. Or even worse: a war Ukraine wages against Russia for entering some corporation which would not be in Russia’s favor. This is simply not true.

First of all, this is a fight for Ukraine’s sovereignty. This is a struggle for Ukraine to have the right to make sovereign decisions decided by Ukrainian people. Not by Russians, not by Europeans or anyone else. Ukraine is a 45-million people country, with an ancient history, a unique economy and a great potential. We should demonstrate that it is absolutely useless to exert pressures on Ukraine. Mr. Glazyev wanted to shape the discussion in some form of a propaganda speech, stressing the economic differences that some form of this or that kind of integration would create. This was not the place to have such a discussion. We would be happy to discuss. As Minister of Economy (March-December 2012 – Ed.) and Minister of Foreign Affairs (October 2009 – March 2010 – Ed.), I gladly presented the text of the Association Agreement and DCFTA before even it was initialed. Because Russia is our main trading partner and we want to be absolutely transparent in this process. If they think that there might be any danger to their economy, they should let us know and we should take it into account. And that was done in mid-2012. But Russians did not make any comments on that. It means that either they accept it or it is not interesting for them. I accept both versions.

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Once again, this is not a war against Russia. As an economist, I believe this is very helpful for Russia. Starting in 2006, Russia called for a free-trade area from Lisbon to Vladivostok. So here is the very bridge between East and West, which is an absolutely necessary part of this idea. Second, only 6% of Russian exports go to Customs Union countries. And almost 50% of Customs Union’s exports go to the EU. So the discussion on standards and technical regulations is useless because they are already adequate to our biggest trading partners’ standards. And as for demands for food security, for quality product standards: I want to give you some very important news – people in the EU, in Ukraine and in Russia are all equal.

UW: Yet some of them are more equal than others…

Not when it comes to food security (laughing).

Some producers are more equal than others for sure. But the discussion on differences of standards and national differences is absolutely useless. It should be either dangerous for people’s health or not dangerous. And that’s it.

UW: You are talking about understanding Glazyev’s message. Yet, did you not come back from the YES meeting a bit worried? It seemed to me that Glazyev expressed quite many warnings and threats against Ukraine.

Every single argument that Glazyev used was expressed before YES. There was no new message expressed then. We should just change the rhetoric. These are two sovereign countries. We are two trading partners. It’s mutually beneficial.

Yes, Russia supplies us with a big amount of gas and oil. But Ukraine is now the third largest consumer of Russian gas. And that should be quite important for this country. The world energy market is changing significantly. So, conditions of trade for most Ukrainian and Russian exports have considerably changed. Take coal. U.S. shale gas and coal appeared on the market and the priced dropped twofold. The price of LNG (liquefied natural gas) dropped significantly as well. So what are we waiting for next? For the LNG carriers to be completed in Korea. Within two to three years, provided we have logistic facilities, the situation with energy supplies can be totally changed. This is not in favor of Russia. The world changes and we should be ready for this change. If there is an alternative to purchase LNG, Russia will not be able to have any influence on the natural gas supply. So the relationship with Ukraine has to be understood as a mutually beneficial trade.

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Also, the only engine for developing the economy is to encourage competition. And if you build up a barrier or an iron curtain between Ukraine and Russia, you will remain with old-style economic mechanisms.

UW: Yet apparently Glazyev was not only talking about building up an iron curtain between Ukraine and Russia. He also mentioned the possibility to erect a curtain amongst Ukrainians themselves by stirring up ethnic tensions.

We have our own experts on what is going on in our country. We do not comment on the situation in Russia, which has its own important problems. Please notice that because of Glazyev’s position, the level of support for European integration significantly increased, from 42% before to over 50% today. If people demand a referendum, I will be absolutely ready for it. I believe that if the EU shows us a light at the end of the tunnel, Ukrainians will go for it.

We asked the some 30% of respondents who support joining of the Customs Union to explain their choice. The answers: first, this is our tradition. Second, this is our culture because we have the same films and songs. Third, this is our language. And more or less, that’s it. And then we asked the supporters of European integration to explain their position. Because we want new standards for education, for health care, for freedom of speech and democracy, for pensions, salaries and everything like that, as well as for security which is an important element. If you compare, you see that the Customs Union is everything of our past. And the EU is our future. Who votes for the EU? Young educated people. Who votes for the Customs Union? Old people with poorer education. And this is a tremendous change that already happens in Ukraine, no matter if it’s west, east or south of the country.

Don’t you think that Russians, Kazakhs and Belarusians who are already members of the Customs Union, do not seek higher standards in education, health care and more?

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Do you believe in that? Just think how many Ukrainian universities are among the top universities in the world? One, regardless of the ranking system used. How many Russian? Nine. How many European? More than half of the ranking. This is an answer. We are happy to enhance this development and I think I do my best for Russia to be part of this process. Because Russia should cooperate with the EU. Not only because of trades, but because this is a question of values.

UW: According to you, there is no war between Ukraine and Russia. Yet there seems to be a very strong Russian focus on your company, Roshen. How do you explain it?

I think that the political component is quite significant here. But the position of Roshen, as far as I understand and know, is that we do not try to attract political attention or explain and solve everything with political methods alone. For two months now, we send messages to our Russian partners and tell them we are ready to open up the production process, the quality system control, both for raw materials and the finished products. If you think you may have any objections, please come and check. Within the past two months, nobody came and we did not receive any answer, not even anything on the nature of the complaint in written form. We saw it only through the media.

UW: No Russian inspectors have visited Ukraine’s Roshen factories?

Absolutely not. We sent them an invitation three times. They replied that they needed more time for preparation, more documents. We told them to come, all documents are here, at our factories. But everybody in Russia, in the West and in Ukraine understands that neither Georgian mineral water, Borjomi, nor Lithuanian cheese, nor Polish apples, nor Belarusian dairy products have anything to do with food security. It is something different. This is the case here.

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UW: Do you think it is possible to solve the problem before the Vilnius Summit?

I don’t know. Solving it is about finding a compromise between two parties. As far as we are concerned, we are ready to demonstrate absolute openness in trying to solve the issue. You will be the first to know that Roshen asked the EU commission to appoint an independent inspector of Ukrainian chocolate. His judgment would be absolutely independent on the issues of quality and security. We did it already in eleven countries after Russia closed its market. Neither Kazakhstan, nor Belarus, nor Armenian, nor Turkmenistan, nor Tajikistan, nor Moldova, nor Georgia, nor Azerbaijan turned unhappy with Roshen chocolate after conducting independent tests!

UW: Even Hillary Clinton seems very happy with the chocolates…

Yes, this is also very important. A friend in need is a friend indeed. When a series of Western politicians of such importance, like the Secretary of State, come to support not only Ukrainian aspirations for European integration but also Ukrainian producers which are not in a good position, this is crucial. For me, even more important than the address Hillary Clinton gave, it was the reaction of the audience listening to her. It was a very nice round of applause. For me, it was the main impact of this speech. That is exactly how a friend should react. And the very next day, Polish Foreign Minister Radek Sikorski said that he started to eat only Roshen chocolates.

UW: Does this support translate into practical effects?

Yes. It is a too short period of time to give you accurate statistics but I can promise you that it will have very practical implications. It was funny but I couldn’t find any Roshen chocolates in Crimean stores near Yalta – I wanted to get one for a gift. They ran out of them!

UW: Your company suffers heavy losses as a result of this export ban from Russia. And yet the sales have jumped 13% in Ukraine?

Yes, but it hardly offsets the losses we faced. But I believe we will find a compromise soon. The trains and planes from Ukraine to Russia are just full of Roshen products carried by Russian tourists. It is quite funny to see that Russian decisions do not harm only Ukrainians, but also Russians. It was the same with Borjomi.

UW: So Roshen is going to survive?

No doubt. We are not in a state a war. A political dialogue is good. But if we talk about open economies and competitiveness, it is better if the state does not interfere because this is very harmful to business.

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UW: When it comes to that, are you satisfied with the level of support of the Ukrainian government in this case?

I think it is better to ask the Ukrainian government itself. I think that we have some support from the Ministry of Economy and the Ministry of Agriculture in the discussion with Russia. Some messages from the Prime Minister. But this is not exactly how the government should act in this situation, to support local exporters. I hope we will have a discussion with the government about that in a very near future.

UW: I see you are a bit critical of the government’s stance. You worked as Trade and Economic Development Minister under this very Premier (Mykola Azarov – Ed.). Would you see yourself working within that Cabinet again?

I see myself as working for Ukraine, even from a different position. I accept this type of proposal only when I believe it can really change the situation for the better. In the current situation, I cannot see that this is the main purpose of the government. That’s why I am out. It was my own decision. I thought it would be more clear and transparent to work in the Parliament. But if I were invited to work in a strong-coalition government with strong support from people and possibilities to carry out reforms, improve business climate, build up democracy and so on, this would be my place.

UW: And yet the current government seems to be the most dedicated to signing the Association Agreement, which would enhance these processes…

I do not think it’s the government doing it. I think this is coincidence. Is the government a winner here? Yes. Is the President a winner here? Yes. Is the opposition a winner in this situation? Yes. Is Ukraine a winner here? Yes, for sure. Is Poroshenko a winner here? Yes. I was one of the first to start negotiations with the EU. I take significant efforts to make sure that this Association Agreement is signed. We cannot say that this is thanks to the sole efforts of Azarov or Poroshenko. It is a fair play.

But do you really have the feeling that the government is doing what is necessary for the Agreement to be signed?

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No. The Parliament is doing what is necessary. But when it comes to the visa free regime, for example, we still have three points that the government does not tackle and we strongly criticize the Cabinet for that. The government’s work is not enough to ensure that all EU laws are adopted. It does not initiate changes to the customs tariffs, which are really non-transparent. We do not support that and we ask for changes. Supporting EU law is just a slogan. But we should keep focused and understand that the main interest of the law is the very essence of it.

UW: When you say that you work for Ukraine and for its best interest, do you believe that your running for mayor of Kyiv would be helping Ukraine?

First of all, we should demonstrate that we are a European country. And for that, we have to have elections. And that the end of the day, the answer is given by the people. Now opinion polls say that if Klitschko does not want to go, I am the most popular politician to run for mayor. I have only one condition: to have the support of the whole opposition. If yes, I run. If they want to have some internal fights, I am out. Kyiv is overwhelmingly in support of opposition forces. The opposition should be united.

INFO:

Petro Poroshenko, currently MP, served as Minister of Economic Development and Trade in March-December 2012 in Mykola Azarov’s Cabinet of Ministers, and Minister of Foreign Affairs in October 2009-March 2010, as well as Secretary of the National Security and Fedence Council in February-September 2005 when Viktor Yushchenko was President. He is one of the richest Ukrainians and the owner of Roshen confectionary corporation; UkrPromInvest, a vehicle producer and trader; and Channel 5, a TV-channel, among other assets.