RTS: Odessa en ébullition depuis l’accession de Mikheil Saakachvili au poste de gouverneur

Reportage diffusé dans le Journal de 12h30, sur la RTS Info, le 11/07/2015

En Ukraine, la ville d’Odessa est en ébullition depuis plus d’un mois, depuis que l’ancien président de Géorgie, Mikheil Saakachvili, y a été nommé gouverneur. Réformateur de choc, il veut tout bouleverser dans la ville portuaire, jugée comme l’une des plus corrompues du pays et menacée par le spectre de la guerre.
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Il est hors de question de se laisser gagner par les douceurs de l’été sur les bords de la mer noire. Pour le tourbillon Mikheil Saakachvili, la logique est simple: il faut répéter le succès des réformes géorgiennes pour sauver l’Ukraine.

Saakachvili: L’Ukraine a de gros problèmes. Nos bureaucrates ne reçoivent pas de bons salaires, beaucoup d’entre eux sont en fait payés par les oligarques. Le gouvernement ne peut pas assurer des services de base. Et évidemment, à cause de tout cela, les gens n’ont pas confiance dans les institutions! 

Dans un rythme effréné et très médiatisé, le nouveau gouverneur va à la rencontre des habitants de cette région stratégique et difficile. Il en tire tout son bon sens.

Saakachvili: Un homme m’a demandé un soutien de la région pour construire une nouvelle école. Un autre l’a interpellé en disant: ne lui demande pas de construire quoique ce soit, demande lui d’abord de détruire le système!

Mikheil Saakachvili se revendique radical: il renvoie en une semaine plus de 500 employés de son administration régionale,multiplie les scandales, et entre en guerre contre les oligarques.

En déplacement à Odessa, l’ambassadeur des Etats-Unis Goeffrey Pyatt ne s’y est pas trompé. En plus d’instructeurs de police californiens, son gouvernement va verser un salaire décent à la nouvelle équipe, afin qu’elle reste incorruptible.

Geoffrey Pyatt: Les lignes de front de la guerre contre la corruption sont ici, à Odessa. Et nous voulons aider, afin que les déclarations du gouverneur puissent devenir réalité et prouver que le système change.

Le gouverneur hyperactif a néanmoins des compétences limitées, comme le reconnaît Sasha Borovik, un de ses conseillers.

Sasha Borovik: Tout le monde comprend bien que ce n’est pas l’équipe de Saakachvili qui va changer les choses. Nous ne faisons que mettre un nom sur les changements nécessaires. Nous en parlons avec Kiev, avec la société, nous montrons ce que nous voulons faire. Mais le plus important, c’est que les habitants de la région réagissent!

Pour l’heure, la population observe, bouchée bée, cette agitation inhabituelle. Un an et demie après la Révolution de la Dignité, les Odéssites attendent des résultats concrets de cette Révolution Saakachvili.

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La Libre Belgique: Odessa, la ville de la dernière chance pour Mikheil Saakachvili

Reportage publié dans La Libre Belgique, le 10/07/2015

Dans un village où je me suis rendu récemment, un habitant m’a demandé un soutien de la région pour construire un centre culturel. Un autre l’a interpellé : ‘Ne lui demande pas de construire quoi que ce soit, demande-lui d’abord de détruire le système !’  » Le sourire aux lèvres, Mikheil Saakachvili affiche une confiance à toute épreuve. Chacune de ses journées en tant que gouverneur d’Odessa le conforte dans les choix radicaux qu’il impose à sa ville d’adoption.

« Mon programme est simple , poursuit-il. Eradiquer la corruption. Eliminer la criminalité. Créer de nouvelles possibilités. » Autant dire que l’ancien président de Géorgie trépigne d’impatience sur son fauteuil. Au rythme d’un emploi du temps effréné et imprévisible, il n’a pas une minute à perdre pour « rompre le cercle vicieux du désespoir ».

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Opération « mains propres »

Quelques semaines après sa nomination surprise, fin mai, par le président Petro Porochenko, « Micha » est incontournable. « Odessa me rappelle la Géorgie des années 1990 : pleine de corruption, de criminels, avec une administration pléthorique et des routes horribles. Comme un air de déjà-vu.«  Première mission pour lui et son équipe de fidèles réformateurs : nettoyer la police, le bureau du procureur, les douanes, ou encore l’administration régionale.

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