France Culture: Dans le Donbass, toujours plus de victimes civiles

Papier diffusé dans les journaux de la matinale, sur France Culture, le 21/08/2017

Sur les six premiers mois de l’année 2017, le conflit dans l’est de l’Ukraine a fait plus de victimes civiles que militaires, et bien plus que l’année dernière sur la même période. Depuis 2014, le conflit a fait plus de 10.000 morts. Cette statistique du ministère ukrainien, révélée à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Aide Humanitaire, rappelle que la guerre continue. 

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Point de passage de Stanitsa Louhanska, 2016.

On entend moins les canons du Donbass. Et pourtant, dans cette région industrielle de l’est de l’Ukraine, la guerre reste une réalité tragique. En tout, plus de 2500 civils ont perdu la vie depuis 2014. Le conflit a fait plus de 10.000 morts. Entre janvier et juillet 2017, le conflit a fait plus de victimes civiles que militaires, environ 400 morts. Cela représente une hausse de 60% par rapport à 2016; et rappelle que les duels d’artillerie, les balles perdues, et les innombrables mines anti-personnelles continuent de martyriser la région. Près de 2 millions de personnes ont fui la zone, soit pour d’autres régions d’Ukraine, soit pour l’étranger. Mais plusieurs millions de personnes continuent de vivre dans le Donbass, dont environ 800.000 le long de la ligne de front. Celle-ci est traversée tous les jours par des milliers de personnes, qui rendent visite à leurs familles, ou vivent de petits trafics. L’économie de la région est dévastée, et la situation humanitaire reste précaire. Dans ce conflit hybride, très complexe, les forces ukrainiennes font face à des troupes de séparatistes pro-russes et à des troupes russes. Depuis 2014, Kiev et Moscou n’en finissent pas de se rejeter la responsabilité des violences. Les négociations de paix, encadrées par la France et l’Allemagne, sont au point mort. Sans une relance politique, les perspectives d’une solution durable au conflit demeurent illusoires. Et sur le terrain, ce sont les populations civiles qui en paient toujours le prix.

La Libre Belgique: En Ukraine, la mobilisation (se) passe mal

Article publié dans La Libre Belgique, le 17/02/2015

A Lviv, le 18 juillet, les obsèques d'un soldat ukrainien mort en opération contre les prorusses. (Photo Yurko Dyachysyn. AFP)
A Lviv, le 18 juillet, les obsèques d’un soldat ukrainien mort en opération contre les prorusses. (Photo Yurko Dyachysyn. AFP)

Nous étions au travail quand on a remarqué un manège inhabituel dans la rue : une patrouille de police stoppait systématiquement les voitures qui passaient. Mes collègues sont allés s’enquérir auprès des officiers, des fois qu’il y ait un criminel en fuite. En fait, ils contrôlaient les chauffeurs, pour s’assurer que ceux qui avaient reçu leur ordre de conscription ne soient pas en train d’y échapper… La journée au bureau s’est terminée dans un malaise. Tout le monde était choqué. » Des histoires comme celle d’Oksana Vornenko, jeune employée de bureau à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, sont de moins en moins anecdotiques.

« C’est un massacre »

La quatrième vague de mobilisation militaire, lancée le 14 janvier par le président Petro Porochenko, concerne plus de 100 000 hommes et femmes entre 25 et 60 ans. Plus de 75 000 personnes ont déjà été appelées sous les drapeaux. Les trois précédentes vagues avaient rencontré une « résistance de plus en plus marquée dans la population, qui comprend de moins en moins pourquoi aller se battre à l’Est… », commente Ostap Drozdov, chroniqueur à Lviv. « Le Donbass est une région à problèmes, et ses habitants n’ont pas voulu se défendre contre l’agression russe. Ceux qui voulaient quitter les territoires séparatistes l’ont fait. Ceux qui restent… De moins en moins de gens veulent se battre pour eux. »

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Libération: A l’est, les forces de Kiev calent

Article publié dans Libération, le 25/01/2014

«Toute la journée, je me suis dit qu’il fallait écrire quelque chose sur Marioupol. Mais je n’ai pas réussi. Je suis en état de choc.» Oksana Romaniouk, directrice du centre d’Information de masse à Kiev, a normalement la plume bien affûtée. Mais le déluge de feu qui s’est abattu samedi sur les quartiers périphériques de la ville portuaire l’a laissé sans voix. Bilan : au moins 30 morts et une centaine de blessés dans des bombardements aveugles aux batteries de lance-roquettes Grad sur des quartiers d’habitation. Les fortifications des troupes ukrainiennes, que le gouvernement …

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