Moldavie: Expliquer le succès du « Donald Trump » moldave

Vainqueur de l’élection présidentielle moldave le 13 novembre, Igor Dodon a été comparé à Donald Trump pour son style extravagant et vindicatif. Derrière l’homme, il existe néanmoins des raisons très pratiques de sa victoire, tant locales que géopolitiques. Analyse. 

20161113-img_5124

“Je serai le président de tous les Moldaves. De ceux qui veulent s’associer à la Russie ou à l’Union Européenne. Même de ceux qui n’ont pas voté pour moi”. Le soir de son élection, le 13 novembre, le Socialiste Igor Dodon s’imposait comme l’unificateur de la nation. Un ton bienvenu, après une campagne extrêmement brutale pour ce pays de 3,5 millions d’habitants, le plus pauvre d’Europe. “Il fait comme Donald Trump”, s’exclamait une jeune fille dans un bar de Chisinau, à l’annonce des résultats. Une référence à l’apaisement prôné par le candidat américain, après ses déclarations ubuesques et contradictoires.

L’élection de Igor Dodon, grand admirateur de Vladimir Poutine, anciennement membre du parti communiste, discrédité pour sa corruption et ses abus de pouvoir, trouve en premier lieu sa source dans l’échec des partis libéraux, supposément pro-européens. Au pouvoir depuis 2009, ceux-ci sont taxés, pareillement, de corruption, et d’abus de pouvoir. “Nous n’avons pas été suffisamment rapides sur les réformes internes, telles que le système judiciaire, l’augmentation des retraites ou des salaires”, reconnaît Liliana Palihovici, vice-présidente du Parlement au sein du parti libéral-démocrate. En opposition, les promesses d’aides sociales de Victor Dodon ont indéniablement contribué à sa victoire.

Liliana Palihovici s’estime aussi trahie par l’ancien chef de son parti, Vlad Filat, aujourd’hui en prison pour sa complicité dans la disparition d’un milliard de dollars du système bancaire moldave, en 2014. Le scandale est, depuis, un serpent de mer de tous les débats politiques. Il serait en partie le fait de l’oligarque Vladimir Plahotniuc, véritable maître du pays, qui tente de cacher son implication personnelle. “Plahotniuc a subtilement soutenu Dodon dans la campagne, afin de se protéger et de pouvoir continuer à tirer les ficelles de la présidence”, estime le politologue Dionis Cenusa. Vladimir Plahotniuc contrôlerait jusqu’à 80% des médias moldaves, qui ont accordé des tranches conséquentes au candidat socialiste.

Le soutien de l’oligarque a aussi été très actif dans les zones rurales, oubliées de la capitale, largement consommatrices d’information russe, et naturellement sensibles à la nostalgie de la Moldavie soviétique développés par Igor Dodon. Il y a réalisé ses meilleurs scores, là où sa concurrente, la réformatrice libérale Maia Sandu, n’était pas audible. “Elle n’est pas une personnalité qui galvanise les foules”, lance Cornel Ciurea, expert indépendant. “Elle a tenu un discours de rigueur et de lutte anti-corruption, quand les gens attendaient des espoirs et des promesses d’amélioration de leurs conditions de vie”. Et d’ajouter que “son soutien à un processus d’intégration européenne grippé depuis des années n’a pas servi sa cause…”

L’inexpérience de Maia Sandu dans la politique nationale l’a de même peu préparée aux attaques personnelles dirigées contre elle. Une rumeur de choc prétendait ainsi que Maia Sandu avait conclu avec Angela Merkel d’accueillir 30.000 réfugiés syriens après son élection. Le clergé orthodoxe, soutien avéré de Igor Dodon, a largement sous-entendu, dans une conférence de presse, que Maia Sandu, célibataire sans enfants, pouvait être lesbienne. Une tare dans un pays patriarcal et conservateur, qui a contribué à discréditer la candidate.

“Quelque soient les raisons de cette élection, Igor Dodon est le président, c’est net et sans bavure”, explique George X, un entrepreneur à Chisinau. “Mais les prérogatives du Président sont faibles, en Moldavie, et le programme de Dodon était flou sur de nombreux points. Même parmi ceux qui ont voté pour lui, je n’en connais pas qui peuvent me dire dans les yeux: ça va aller mieux”.

Ouest France:Dodon le Moldave fait de l’œil aux Russes

Article publié dans Ouest France, le 12/11/2016

Igor Dodon, grand admirateur de Poutine, est donné favori de la présidentielle de dimanche, face à la pro-Europe Maia Sandu.

igor_dodon_2016
Igor Dodon. Source: Wikipedia Commons

Il voudrait être vu comme l’homme fort de la Moldavie que le chef du Parti socialiste ne s’y prendrait pas autrement. Igor Dodon, 41 ans, affiche un programme limpide : restaurer l’ordre. Favori du second tour de la présidentielle de demain, l’ancien ministre a pris soin de prendre ses distances, du moins en public, avec les autres forces politiques moldaves, ses anciens comparses, aujourd’hui discrédités. En 2005, puis en 2009, il s’est vu confier l’économie de son petit pays. La Moldavie, nichée entre la Roumanie et l’Ukraine, demeure l’un des États les plus pauvres d’Europe. Un des plus corrompus, aussi.

Lire le reste de l’article ici

 

Questions Internationales: Les nouvelles lignes-frontières d’Ukraine

Article publié dans le numéro double 79-80 de Questions Internationales, La Documentation Française; Mai-Août 2016

« Vous savez combien coûtent les bananes à Donetsk ? Au moins deux fois plus chères qu’ici. Et le dentifrice ? C’est une trentaine de hryvnias ici, contre une centaine là-bas ! Enfin, 300 roubles, puisqu’on a le rouble là-bas… » Maya X. s’en est fait une raison. La mère de deux enfants, dans sa quarantaine, vit à Donetsk. Elle ne veut pas quitter sa ville natale, devenue capitale de la République populaire autoproclamée de Donetsk. « Il n’y a pas de pénurie, là-bas. Mais il y a moins de produits de bonne qualité, la plupart viennent de Russie. Et les prix… Donc une fois par mois, moi et mon mari avons pris l’habitude de venir en Ukraine pour faire des courses. Même si le passage de la frontière peut prendre plus d’une journée, cela vaut le coup. »

Maya X. est une frontalière. Du moins, elle se perçoit comme telle, et organise sa vie en conséquence. Après des mois d’un conflit hybride dans le Donbass, le statut des territoires non contrôlés par l’Ukraine est certes encore incertain, et sujet aux progrès éventuels de l’application des accords de Minsk . Ceux-ci prévoient la réintégration des Républiques populaires de Donetsk (RPD) et Louhansk (RPL) au sein d’une Ukraine unie et décentralisée. Pour l’heure, la séparation reste néanmoins bien réelle.

Lire le reste de l’article dans la revue, numéros 79-80 (disponible en kiosque)

 

RFI: 8-9 mai; Kiev revoit son Histoire

Reportage diffusé dans l’émission Accents d’Europe, le 11/05/2015

On célébrait, le week-end du 8 mai dernier, les 70 ans de la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie. En Europe de l’Ouest, les célébrations se tiennent le 8 mai, en Russie c’est le 9 mai. Et en Ukraine, on peut dire que c’est désormais le 8 et le 9. Le divorce avec le grand frère russe, et le conflit dans l’est du pays sont passés par là. Kiev veut désormais arrimer sa grande Histoire à l’Ouest, au risque de faire quelques raccourcis, et d’avoir une lecture très politique de son passé. 

Photo: Reuters
Photo: Reuters

C’est sous le soleil du 9 mai que les Ukrainiens déambulent sur l’avenue Khreshatyk, l’artère principale de Kiev, transformée en une sorte d’allée du souvenir. La seconde guerre mondiale a fait plus de 20 millions de morts en URSS et a ravagé les terres qui forment aujourd’hui l’Ukraine. Il semble que chaque famille a une histoire à raconter.

Témoin1: Mon père s’est battu pendant la guerre. Il a été fait prisonnier. Ma mère l’avait cru mort pendant sa captivité. Elle avait déjà creusé sa tombe…!

Témoin2: Mon grand-père a fait toute la guerre. Il me raconte que dès le premier jour, et jusqu’à la fin, il a cru à la victoire! 

Sur Khreshatyk ce 9 mai, pas de parade militaire au contraire des années précédentes. Etalé le long de l’avenue, c’est un projet artistique géant.

Denys Semyrog: Nous avons écrit les mots suivants: “Nous nous souvenons. 1939-1945. Nous sommes victorieux”

Le manager Denys Semyrog-Orlyk et ses volontaires ont assemblé 20.000 cartons blancs pour former ce slogan visible du ciel.

Denys Semyrog: Pourquoi avons-nous fait cela? En ce moment, à Moscou, se déroule une énorme parade militaire. La Russie est un Etat agresseur, qui a des ambitions sur notre pays et oppresse notre population. Nous avons voulu montrer notre différence. Ensemble, nous savons nous organiser. Et pour cela, nous n’avons pas besoin d’armes ou de tanks. 

L’enjeu de mémoire est considérable. Alors que la Russie de Vladimir Poutine sacralise la mémoire de la Grande Guerre Patriotique soviétique, le Parlement ukrainien a récemment adopté 4 lois mémorielles, qui dénoncent notamment les régimes criminels totalitaires soviétiques et nazis, sans établir de différence entre les deux.

Dans son discours du 9 mai, le Président ukrainien Petro Porochenko a donc saisi l’opportunité pour se démarquer encore un peu plus du grand frère ennemi russe.

Petro Porochenko: Nous ne célébrerons jamais plus cette journée selon le scénario russe. Ce scénario détourne la rhétorique de la victoire d’une manière honteuse pour justifier la politique expansionniste aux dépends des voisins de la Russie, pour les garder dans son orbite, et pour reconstituer l’empire. Dans notre calendrier, le 9 mai, le jour de la victoire, sera toujours teinté de rouge, comme ces coquelicots, symboles de la mémoire de toutes ces victimes. 

Symbole de ces commémorations, le coquelicot rouge et son coeur noir, tels du sang s’écoulant d’une blessure par balle, remplace désormais les symboles soviétiques et russes. L’objectif étant de nationaliser la mémoire de la seconde guerre mondiale, mais aussi de l’européaniser.

Ioulia Shoukan est maître de conférence à Paris Ouest Nanterre.  Née dans la Biélorussie soviétique, elle est spécialisée dans l’analyse des rhétoriques politiques dans l’ex-URSS. A l’unisson des capitales occidentales, le 8 mai est devenu un jour national de mémoire et de réconciliation. Mais comme l’explique Ioulia Shoukan, cela ne va pas de soi.

Ioulia Shoukan: C’est quand même quelque chose d’assez artificiel. Hier il y avait énormément de gens qui allaient en direction du parc, qui venaient déposer des fleurs autour de la flamme éternelle. C’était aussi très touchant de voir, il y avait pas mal de vétérans de la Grande Guerre Patriotique donc de l’Armée Rouge. Et les gens s’arrêtaient, s’approchaient d’eux, leur donnaient des fleurs et les remerciaient de la victoire. Puisque l’on est un peu dans l’invention de la tradition, d’une nouvelle tradition ukrainienne, et d’un nouveau rapport à cette guerre, le 9 mai reste pour les gens le jour de la mémoire, en lien avec la guerre, beaucoup plus que le 8 mai. 

En dehors de l’enjeu géopolitique, les initiatives mémorielles du gouvernement posent un défi certain à la société ukrainienne, partagée depuis des décennies par l’affrontement de deux narrations historiques concurrentes.

L’historiographie soviétique, très ancrée à l’est du pays, s’oppose à une narration principalement développée à l’ouest, qui considère la fin de la seconde guerre mondiale comme la continuation de l’occupation soviétique. C’est cette dernière vision qui est aujourd’hui imposée par les récentes lois mémorielles dites de décommunisation, et qui transparaît dans le discours de Petro Porochenko.

Petro Porochenko: Et il doit être noté que pendant la Seconde Guerre Mondiale, en plus du rôle de l’Armée Rouge et de la guérilla menée par les partisans Soviétiques ukrainiens contre les Nazis, il s’est créé en Ukraine un autre front contre les occupants fascistes. C’est un front qui a été créé par l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne.

Dans le discours présidentiel, aucun mot sur la collaboration de cette même Armée Insurrectionnelle Ukrainienne avec les Nazis dans la première partie de la guerre, ni même de leur participation dans des massacres, notamment de Juifs et de Polonais.

Pour la chercheuse ioulia Shoukan, quand  l histoire joue avec la politique on peut  craindre le pire. Surtout dans un pays déjà divisé par le conflit actuel

Ioulia Shoukan: Et à mon sens, les deux mémoires sont présentes en Ukraine. Et donc baser le nouveau projet de construction nationale sur cette histoire conflictuelle; en situation de guerre; de guerre qui peut consolider la nation mais aussi qui aliène un certain nombre de populations également; c’est très dangereux

Le 8 mai au soir, la cérémonie de Mémoire et de Réconciliation à Kiev s’est achevée par le chant de l’hymne national, entamé vraisemblablement de manière spontanée par la foule. Une belle image d’union nationale. Mais à l’écart des caméras de télévision, il reste à voir si ce nouveau narratif historique peut remporter l’adhésion des Ukrainiens en tant que nation politique; et si critiques il y a: quels moyens ils choisiront pour s’exprimer.

Ecouter le reportage ici

La Libre Belgique: Les réfugiés russes malvenus à Kiev

Reportage publié dans La Libre Belgique, le 19/04/2015

Rien n’a changé en Ukraine. Quand j’ai cherché refuge ici, en mai 2014, j’imaginais obtenir un asile politique et continuer à mener mes activités anti-Poutine. En fait, cela a tourné au cauchemar. »Assis dans un café du centre de Kiev, le visage fatigué, Alexeï Vetrov, 36 ans, se souvient de son militantisme pro-démocratique dans sa ville natale de Nijni-Novgorod, puis à Moscou, comme d’une sorte de « belle époque ». « Il y avait du danger, mais au moins, j’étais actif… »

An Auto- something.
An Auto- something.

Depuis son arrivée en Ukraine, il a vécu reclus dans une ferme du centre du pays, vivant de maigres économies. Mais il se retrouve à présent à la rue. A la mi-avril, son dernier appel en justice a été refusé. « Je n’ai plus qu’une chance d’appel pour obtenir un statut de réfugié. Mais je ne me fais pas d’illusions. Les fonctionnaires auxquels j’ai affaire savent très bien que si je dois rentrer en Russie, c’est pour y être arrêté. Mais ils ne veulent pas s’intéresser à mon cas. »

Lire le reste du reportage ici (accès abonnés)

Libération: « Marcher plusieurs kilomètres dans le froid »

Reportage publié dans Libération, le 14/04/2015

Le long d’une file de camions, dépassée par des voitures qui roulent au ralenti, une troupe d’une vingtaine de personnes malmenées par un vent glacial déboulant de la mer d’Azov s’avance à pied, traînant valises et sacs lourdement chargés. «J’avais des affaires à régler en Crimée, explique Yelena. Maintenant, je me dépêche de rentrer à la maison, en Ukraine.»Un an après l’opération éclair de l’armée russe contre les bases de l’armée ukrainienne sur la péninsule, l’annexion de la Crimée par la Russie n’est reconnue ni par l’Ukraine, ni …

Lire le reste du reportage ici (accès abonnés)

RFI: Bienvenue à Tchongar, « poste-frontière » entre l’Ukraine et la Crimée

Reportage diffusé sur RFI, le 27/03/2015

Cela fait un peu plus d’un an déjà que la péninsule de Crimée a été annexée par la Fédération de Russie. L’opération avait été décidée et pilotée par Vladimir Poutine lui-même, à en croire ses confessions dans un film documentaire. L’annexion n’est toujours pas reconnue, ni par l’Ukraine ni par la majorité de la communauté internationale. Mais sur le terrain, la séparation est bien réelle, et une véritable frontière s’est mise en place. Reportage.

Le poste ukrainien de Tchongar.
Le poste ukrainien de Tchongar.

Entre une file de camions et les façades détruites d’anciens magasins et restaurants abandonnés, une vingtaine de personnes sont emmitouflés dans leurs manteaux, malmenés par le vent glacial qui monte de la mer d’Azov. Yelena tire une lourde valise. Elle vient de Crimée, après avoir passé le poste-frontière russe. Elle rentre chez elle, en Ukraine. « J’avais des affaires à régler, raconte-t-elle. Je suis venue deux jours et je rentre chez moi. Il n’y a pas plus de problèmes côté russe que côté ukrainien, tant qu’on a ses documents en ordre… Le plus gros problème, c’est d’attendre dans le froid et les courants d’air, c’est la marche à pied. On ne se sent pas très à l’aise. Avant, je faisais de la randonnée de haute montagne. Ici, je retrouve un peu cette sensation d’extrême. »

Délimitation administrative

Elle et ses compagnons de passage n’ont pas les moyens de voyager en voiture. Entre les postes russe et ukrainien, ils doivent marcher à pied sur près de quatre kilomètres. Nikolaï Sarvinko est l’adjoint au responsable du poste-frontière de Tchongar. Il indique qu’il n’est pas possible d’organiser une navette, car il n’a aucun contact avec le côté russe : « Sur les questions de frontière, nous n’avons aucune coopération avec l’autre côté. C’est logique. La Crimée est partie prenante de l’Ukraine. Ils l’ont conquise de manière illégale. On ne peut pas avoir de quelconque coopération avec des occupants. »
 
Nikolaï Skarvinko a pris ses fonctions il y a quelques mois. Il assure que de son côté de la frontière, tout fonctionne de manière normale. « Nous travaillons dans le cadre de la loi sur le contrôle de la frontière. C’est-à-dire des contrôles de personnes et de marchandises, des formalités douanières. Mais ce n’est pas une frontière d’Etat ! C’est une délimitation administrative. »
 
L’attente se fait longue. Les camions qui approvisionnent la péninsule en marchandises de toutes sortes peuvent attendre jusqu’à une semaine pour traverser. Timour est un Tatar de Crimée. Avec ses amis chauffeurs, ils s’estiment malmenés par les autorités russes.  « Les relations avec les gardes de l’autre côté ne sont pas très amicales, dit-il. Ils demandent ce qu’on va faire en Ukraine, pour quelles raisons… Ils s’énervent, parce qu’on a pas encore changé nos plaques d’immatriculation ukrainiennes. Quand la Crimée était ukrainienne, je voyageais une fois par semaine, j’allais chercher des approvisionnements pour mon magasin. Maintenant, c’est une fois par mois. C’est difficile. » Pour Timour, la solution est pourtant simple : « Nous attendons. L’Ukraine reprendra bientôt la Crimée! (rires) »
 
Le rire ironique de Timour démontre cependant qu’il n’y croit pas vraiment. A l’image de ce poste-frontière qui n’est pas supposé en être un, la séparation entre l’Ukraine et la Crimée est bel et bien une réalité physique. Elle est aussi bien ancrée dans les esprits. 

Ecouter le reportage ici