Libération: Mikhaïl Saakachvili force son entrée en Ukraine

Version allongée d’un article publié sur Libération.fr, le 11/09/2017

L’ancien Président géorgien désormais impliqué dans la vie politique ukrainienne est entré dans le pays dimanche illégalement, au terme d’une journée rocambolesque.

«Regardez! Nos gars arrivent!» Depuis l’autre extrémité du poste-frontière polono-ukrainien de Medyka-Shehyni, plusieurs centaines de «gars» viennent de rompre le barrage de militaires et policiers, et envahissent le check-point à grande vitesse. Avec hurlements et slogans patriotiques, ils se ruent sur le cordon de garde-frontières qui retenait Mikheil Saakachvili. Les bousculades sont brèves : dans une même vague, la marée humaine entreprend de remonter vers le côté ukrainien, en emportant son héros, «Misha». L’ancien président géorgien passe la frontière sans faire contrôler son passeport, sous les regards impuissants des forces de l’ordre. Il a réussi son pari fou.

Le retour de Mikheil Saakachvili est digne d’une scène de cinéma. Elle vient clôturer un dimanche dominé par l’absurde, qui aurait pu tourner au fiasco pour le Géorgien. Impliqué dans la vie politique ukrainienne depuis la révolution «de la dignité» en 2014, celui-ci est entré en opposition frontale avec le président Petro Porochenko après avoir démissionné de son poste de gouverneur d’Odessa. Le chef de l’Etat l’avait déchu de sa citoyenneté ukrainienne, sachant qu’il avait déjà perdu sa nationalité géorgienne. Il avait ainsi créé un apatride, ce qui est interdit par les conventions européennes auxquelles l’Ukraine est signataire. Une initiative dénoncée comme un acte de punition politique. «On dirait que Porochenko me craint plus que Poutine», s’esclaffait faussement Mikheil Saakavchili.

Il avait alors prévu une nouvelle opération de communication taillée sur mesure : plusieurs politiciens amis, des dizaines de journalistes, des centaines de sympathisants, devaient accompagner son grand retour en Ukraine le 10 septembre, à partir de la Pologne. Sauf que son cortège de bus n’a jamais approché le poste-frontière désiré de Korczowa-Krakovets, en raison d’une forte présence militaire et du déploiement de «titouchki», des gros bras nationalistes ayant juré de s’en prendre physiquement à Saakashvili. L’exilé se reporte alors sur la gare ferroviaire de Przemysl, et embarque dans un train à destination de Kiev. Sauf que le signal du départ n’est jamais entendu.

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«Ici, dans ce train à quai, c’est la lutte contre l’autoritarisme de Petro Porochenko. S’il peut se permettre de traiter Saakachvili comme cela, il peut s’en prendre à tout le monde», commentait, maquillage soigné et tailleur de luxe, Ioulia Timochenko. L’ancienne égérie de la révolution orange, venue en soutien de Saakachvili, voit dans ses mésaventures un parallèle avec les procès politisés et l’emprisonnement que lui avait imposé Viktor Ianoukovitch, en 2011.

Ioulia Timochenko, figure populiste controversée de la politique ukrainienne, est à la tête de la principale force d’opposition à la Rada (Parlement). Elle soutient aujourd’hui sans complexes celui qui se voudrait un concurrent potentiel. De fait, le parti «Mouvement de nouvelles forces» de Mikheil Saakachvili recueille à peine 2% d’intentions de vote, et sa carrière politique. «Aujourd’hui, ce n’est pas à propos de Saakachvili, confirme le député Moustafa Nayyem, l’un des initiateurs de l’Euromaïdan. Il s’agit de sauver l’héritage du Maïdan, et d’empêcher que l’exécutif ne plonge dans l’arbitraire. Si on ne fait rien aujourd’hui, alors ils se sentiront capables de s’en prendre aux citoyens, aux opposants, à tous ceux qui expriment leur opinion.»

Après trois heures d’attente, la tension monte. L’immobilisation du train est compris comme une indication claire que les autorités ukrainiennes ne souhaitent pas revoir Mikheil Saakachvili sur leur territoire. Les passagers sont aussi ulcérés. Si «Misha» avait été accueilli par des applaudissements à son arrivée à la gare, c’est dans le brouhaha des altercations et prises à partie qu’il décide de repartir en bus, vers le poste-frontière de Medyka-Shehyni. Là, côté ukrainien, c’est une autre farce qui l’attend. Un barrage militaire évocateur de la zone de guerre à l’est du pays, commandé par un officier prétextant une «opération de déminage» impromptue. Entre négociations stériles et échanges d’insultes, le blocage paraît irrémédiable. Ce sont finalement les partisans de Mikheil Saakachvili qui vont écrire l’histoire. Une fois «Misha» en Ukraine, et la stupeur passée, le poste rouvre. L’opération de déminage est oubliée, preuve qu’elle était inventée de toutes pièces.

S’ouvre désormais une période d’incertitude. Le 10 septembre au soir, Mikheil Saakachvili s’est rendu à Lviv, dont le maire Andriy Sadoviy est un opposant politique à Petro Porochenko. Le Géorgien est officiellement apatride, et entré illégalement sur le territoire ukrainien. Le pouvoir, humilié par l’affaire, se cantonne dans ses déclarations à déplorer la violation du droit des frontières. Le Premier ministre, Volodymyr Hroïssman, déplore ainsi une « attaque contre l’intégrité de l’Etat », déjà malmené dans le respect de ses frontières internationales par l’annexion de la Crimée, et la guerre du Donbass.

Petro Porochenko affirme lui se tenir à un traitement juridique, et non politique, de l’affaire. Son Procureur Général, Iouriy Loutsenko, promet d’ailleurs des poursuites judiciaires contre «les organisateurs» de l’assaut du poste-frontière. La police ukrainienne a déjà tenté d’appréhender Saakachvili, mais a renoncé au vu du nombre de ses partisans. S’il est emprisonné, les Ukrainiens pourraient être tentés de répondre positivement à une demande d’extradition de la part de la Géorgie, et de le renvoyer à Tbilissi. « J’espère que ce monsieur (Saakachvili, ed.) sera aussi enthousiaste à rentrer en Géorgie qu’il a été à revenir en Ukraine », a menacé, à mots couverts, celui qui avait été son camarade d’université au début des années 1990. Se poseraient alors des complications d’ordre légal: un Etat ne peut arrêter et extrader qu’une personne titulaire d’un permis de séjour permanent sur son territoire. Il faudrait donc reconnaître que la citoyenneté de Mikheil Saakachvili est toujours valide, du moins son droit à entrer, et séjourner dans le pays. L’Ukraine n’en serait néanmoins pas à son premier défi légal. Beaucoup sont résolus par des amendements ad hoc des textes de lois.

Pour l’heure, regonflé par son accueil triomphal, «Misha» entend entamer un tour des régions d’Ukraine, et remonter à Kiev dans un style napoléonien. Un retour en gloire pour l’exilé, menacé de représailles par les autorités mais aussi de milices nationalistes. Avec, à chaque kilomètre parcouru, le risque d’une escalade des tensions.

TDG: L’Ukraine tente de se faire entendre à la Cour de La Haye

Article publié dans La Tribune de Genève, le 06/03/2017

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“La Russie empêche les citoyens ukrainiens de se sentir en sécurité, où que ce soit, dans leur propre pays” … “Le gouvernement russe soutient directement des groupes terroristes qui tuent des citoyens ukrainiens”. La plaidoirie est claire. Ce 6 mars, les avocats de la délégation ukrainienne à la Cour de Justice Internationale de l’ONU (CJI) sont venus à La Haye pour y chercher justice.

La première journée d’une longue série de plaidoyers pourrait marquer une première victoire de l’Ukraine pour prouver l’implication de la Russie dans la guerre hybride qui se joue depuis 2014, à travers l’annexion de la Crimée et la guerre du Donbass. “Cette affaire nous montrera si le droit international peut s’élever contre des grandes puissances qui ne respectent pas le droit et les droits de l’homme”, espère Oleksiy Makeiev, directeur des affaires politiques au ministère ukrainien des affaires étrangères.

L’Ukraine accuse la Russie de violer deux conventions internationales. La première “pour la répression du financement du terrorisme”. Kiev estime que Moscou est, directement ou indirectement, responsable violences dans l’est du pays ainsi que du crash du Boeing MH17, qui avait causé la mort de 298 personnes en juillet 2014. Deuxième convention: “pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale”. L’Ukraine accuse la Russie de persécuter, entre autres, des Tatars de Crimée et des Ukrainiens.

En Ukraine, le début des plaidoiries est une bouffée d’air frais pour le Président Petro Porochenko. Confronté à des “blocus citoyens” des routes commerciales avec les territoires séparatistes, ison autorité dans les négociations de paix est malmenée par manoeuvres politiciennes. Dans un contexte de violences, persistantes et meurtrières, il semble bienvenu pour l’exécutif d’avoir une chance de défendre sa cause devant la communauté internationale. Les plaidoiries du 6 mars ont été très suivies en Ukraine.

En revanche, les chances de succès de l’Ukraine d’obtenir justice sont faibles dans le cadre de sa première plainte. L’usage du terme “terrorisme” ouvre la possibilité à la partie russe de jouer sur les termes, entre “terrorisme” et “séparatisme”. La délégation russe a fait savoir qu’elle userait de “tous les moyens légaux possibles”, notamment en mettant en cause la juridiction de la CJI. En 2011, une plainte similaire de la Géorgie contre la Russie dans le cadre de la guerre de 2008 n’a pas abouti pour cette raison.

Un premier avis pourrait être rendu courant avril. Mais la procédure en justice est prévue pour durer plusieurs mois, voire plus d’un an. Quand bien même l’Ukraine se verrait reconnue dans son droit, la CIJ “ne se prononcera pas sur l’usage de la force dans un pays souverain, ou l’annexion illégale de la Crimée, en raison des limites de ses compétences”, explique le docteur Iryna Martchouk, de l’université de Copenhague. “La Cour ne fournira pas les réponses que les Ukrainiens attendent vraiment”.

LLB: Et pendant ce temps, le Donbass toujours sous les bombes…

Article publié dans la Libre Belgique, le 12/08/2016

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“Un soldat ukrainien est mort le 10 août, quatre autres ont été blessés”. Lu d’un ton toujours plus laconique, le rapport quotidien du colonel Oleksandr Motuzyanyk, porte-parole des forces armées ukrainiennes à Kiev, fait état de la situation dans l’est de l’Ukraine. Loin des accusations et indignations des Russes et des Ukrainiens autour d’une prétendue tentative d’attaque terroriste en Crimée annexée par la Russie, la guerre reprend de l’ampleur dans le Donbass.

Une trentaine de soldats ukrainiens sont morts au cours du mois de juillet. Un chiffre record depuis la signature des Accords de Minsk, en février 2015. Ce bilan n’inclut néanmoins ni les pertes des bataillons de volontaires, ni celles des forces russes et pro-russes, ni les victimes civiles. Selon l’ONU, plus de 9500 personnes ont péri dans ce conflit hybride. Une estimation sous-évaluée, pour la plupart des observateurs.

Lire le reste de l’article – et du dossier attenant – ici (accès abonnés)

RFI: Saakachvili/Iatseniouk, quand deux leaders se font la « guéguerre »

Intervention dans la séquence Bonjour l’Europe, sur RFI, le 09/09/2015

Une nouvelle « guéguerre » politique se déroule en Ukraine. Cette fois, c’est Mikheïl Saakachvili, ancien président de Géorgie et actuel gouverneur d’Odessa, qui entre en opposition frontale avec le Premier ministre Arseni Iatseniouk. Il l’accuse de freiner les réformes, d’encourager la corruption et favoriser les oligarques. Tout un programme…

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Vous pouvez nous en dire plus sur ces accusations? 

Oui, comme vous le dites, c’est tout un programme, qui se résume en une accusation principale: le gouvernement central saboterait TOUT le travail que Mikheil Saakachvili entreprend dans la région d’Odessa. Arséni Iatseniouk freinerait la réforme de la justice, il torpillerait le nettoyage des douanes, il l’empêcherait de construire des routes, il détournerait même les routes de contrebande à son profit.

Comme on peut s’y attendre, le premier ministre dément catégoriquement ces accusations. Il vient juste d’être sacré par Christine Lagarde, la directrice du FMI, comme un réformateur intègre et audacieux, et il y tient. Arséni Iatseniouk affirme que Mikheil Saakachvili est lui sont “dans le même bateau”, celui des réformes, et le ramène à un être émotionnel et impulsif. Pour l’instant, on en est à une guerre des mots, mais c’est bien une guerre.

Mais pourquoi ces accusations maintenant? 

Cela fait un peu plus de trois mois, donc 100 jours, que Mikeil Saakachvili a été nommé gouverneur par le Président Petro Porochenko. C’est l’heure de tirer un premier bilan. Mais plus généralement, Mikheil Saakachvili alimente une critique généralisée en Ukraine. lui qui avait changé radicalement la Géorgie, il considère que les réformes d’Arséni Iatseniouk ne sont pas des vraies réformes.

La guerre ouverte entre les deux hommes coincide avec le lancement, le 1er septembre, d’une pétition à l’attention de Petro Porochenko, afin de lui demander de nommer Mikheil Saakachvili premier ministre. Il fallait 25000 signatures pour que cette pétition soit légalement validée: ce matin, elle en avait déjà recueilli plus de 29000. Mikheil Saakachvili a répété plusieurs fois qu’il ne visait pas le poste de Premier ministre. Mais il a publiquement appelé à une refonte du gouvernement à Kiev, donc on verra quelle suite le Président donnera à cette pétition.

Et le Président Petro Porochenko, là-dedans, il en pense quoi? 

Pour l’instant, silence radio. Mais on sait bien que le Président est très proche de Mikheil Saakachvili, alors que la cohabitation avec le Premier ministre est un calvaire. Les critiques de Mikheil Saakachvili sont donc sans doute l’écho des contrariétés de la présidence.

D’autant que pour l’instant, Mikheil Saakachvili est très pratique pour Petro Porochenko, par exemple pour lutter contre certains oligarques, comme le sulfureux Ihor Kolomoiski, sans déclencher un affrontement frontal. Ihor Kolomoiski a véritablement le tandem Porochenko/Saakachvili dans le nez, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais il réserve de fait ses charges à Mikheil Saakachvili, et épargne un peu le président ukrainien. Juste pour terminer: l’oligarque a récemment comparé le gouverneur à un “chien qui aboie, un petit chien qu’il faudrait raccompagner dans sa Géorgie natale avec récompense pour celui qui l’aura trouvé”. Voilà. En Ukraine, il y a beaucoup de choses qui changent. Mais ce qui est sûr, c’est que les querelles politiciennes sont toujours autant controversées et colorées Là-dessus, c’est sûr, rien n’a changé depuis la Révolution de la Dignité.

Ecouter la séquence ici

Libération: Petro Porochenko: « Poutine ira aussi loin que l’on y autorisera »

« Evènement Ukraine », avec un entretien de Petro Porochenko, publié dans Libération, le 12/08/2015

Cet entretien a été conduit dans le bâtiment de l’administration présidentielle, à Kiev, le samedi 1er août. Il a été réalisé conjointement avec deux journalistes. STEFAN SCHOCHER (à droite sur la photo) pour le journal autrichien “Kurier”. JUSSI Niemeläinen (à gauche) pour “Helsingin Sanomat”, en Finlande. 

L’escalade des combats dans l’Est, où les rebelles séparatistes prorusses auraient tenté plusieurs offensives avec des chars, a incité le président ukrainien, Petro Porochenko, à demander lundi des consultations d’urgence avec Paris, Berlin et Moscou, les capitales qui ont parrainé les accords de Minsk en février. Les combats les plus violents ont eu lieu ce week-end autour de la ville de Starohnativka, à mi-chemin entre le bastion séparatiste de Donestk et le port de Marioupol, dernière grande ville de la zone restée sous le contrôle de Kiev. Les autorités ukrainiennes ont recensé 127 attaques, le chiffre le …

(Lire le reste de l’entretien ici (accès libre à partir du 14/08/2015)

RTS: Odessa en ébullition depuis l’accession de Mikheil Saakachvili au poste de gouverneur

Reportage diffusé dans le Journal de 12h30, sur la RTS Info, le 11/07/2015

En Ukraine, la ville d’Odessa est en ébullition depuis plus d’un mois, depuis que l’ancien président de Géorgie, Mikheil Saakachvili, y a été nommé gouverneur. Réformateur de choc, il veut tout bouleverser dans la ville portuaire, jugée comme l’une des plus corrompues du pays et menacée par le spectre de la guerre.
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Il est hors de question de se laisser gagner par les douceurs de l’été sur les bords de la mer noire. Pour le tourbillon Mikheil Saakachvili, la logique est simple: il faut répéter le succès des réformes géorgiennes pour sauver l’Ukraine.

Saakachvili: L’Ukraine a de gros problèmes. Nos bureaucrates ne reçoivent pas de bons salaires, beaucoup d’entre eux sont en fait payés par les oligarques. Le gouvernement ne peut pas assurer des services de base. Et évidemment, à cause de tout cela, les gens n’ont pas confiance dans les institutions! 

Dans un rythme effréné et très médiatisé, le nouveau gouverneur va à la rencontre des habitants de cette région stratégique et difficile. Il en tire tout son bon sens.

Saakachvili: Un homme m’a demandé un soutien de la région pour construire une nouvelle école. Un autre l’a interpellé en disant: ne lui demande pas de construire quoique ce soit, demande lui d’abord de détruire le système!

Mikheil Saakachvili se revendique radical: il renvoie en une semaine plus de 500 employés de son administration régionale,multiplie les scandales, et entre en guerre contre les oligarques.

En déplacement à Odessa, l’ambassadeur des Etats-Unis Goeffrey Pyatt ne s’y est pas trompé. En plus d’instructeurs de police californiens, son gouvernement va verser un salaire décent à la nouvelle équipe, afin qu’elle reste incorruptible.

Geoffrey Pyatt: Les lignes de front de la guerre contre la corruption sont ici, à Odessa. Et nous voulons aider, afin que les déclarations du gouverneur puissent devenir réalité et prouver que le système change.

Le gouverneur hyperactif a néanmoins des compétences limitées, comme le reconnaît Sasha Borovik, un de ses conseillers.

Sasha Borovik: Tout le monde comprend bien que ce n’est pas l’équipe de Saakachvili qui va changer les choses. Nous ne faisons que mettre un nom sur les changements nécessaires. Nous en parlons avec Kiev, avec la société, nous montrons ce que nous voulons faire. Mais le plus important, c’est que les habitants de la région réagissent!

Pour l’heure, la population observe, bouchée bée, cette agitation inhabituelle. Un an et demie après la Révolution de la Dignité, les Odéssites attendent des résultats concrets de cette Révolution Saakachvili.

Ecouter le reportage ici

La Libre Belgique: Odessa, la ville de la dernière chance pour Mikheil Saakachvili

Reportage publié dans La Libre Belgique, le 10/07/2015

Dans un village où je me suis rendu récemment, un habitant m’a demandé un soutien de la région pour construire un centre culturel. Un autre l’a interpellé : ‘Ne lui demande pas de construire quoi que ce soit, demande-lui d’abord de détruire le système !’  » Le sourire aux lèvres, Mikheil Saakachvili affiche une confiance à toute épreuve. Chacune de ses journées en tant que gouverneur d’Odessa le conforte dans les choix radicaux qu’il impose à sa ville d’adoption.

« Mon programme est simple , poursuit-il. Eradiquer la corruption. Eliminer la criminalité. Créer de nouvelles possibilités. » Autant dire que l’ancien président de Géorgie trépigne d’impatience sur son fauteuil. Au rythme d’un emploi du temps effréné et imprévisible, il n’a pas une minute à perdre pour « rompre le cercle vicieux du désespoir ».

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Opération « mains propres »

Quelques semaines après sa nomination surprise, fin mai, par le président Petro Porochenko, « Micha » est incontournable. « Odessa me rappelle la Géorgie des années 1990 : pleine de corruption, de criminels, avec une administration pléthorique et des routes horribles. Comme un air de déjà-vu.«  Première mission pour lui et son équipe de fidèles réformateurs : nettoyer la police, le bureau du procureur, les douanes, ou encore l’administration régionale.

Lire le reste du reportage ici (accès abonnés)