RFI: Embellie économique en Ukraine

Intervention dans la séquence « Bonjour l’Europe », sur RFI, le 31/08/2017

L’agence américaine Moody’s vient de relever sa note de l’Ukraine. Une amélioration très modeste, mais qui envoie un signal positif aux Ukrainiens, et qui semblent signaler que des réformes structurelles portent leurs fruits. Après une grave crise économique en 2014-15, et une récession d’au moins 9%, le pays semble regarder de l’avant. 

Moody's sign on 7 World Trade Center tower in New York

Sébastien, pourquoi cette revue à la hausse de la note de l’Ukraine? 

Selon le communiqué de Moody’s, il s’agit justement de remarquer l’impact de quelques réformes structurelles mises en place ces dernières années. Notamment la stabilisation des finances publiques, la restructuration de la dette extérieure des secteurs bancaires et gazier. C’était il y a encore peu des trous noirs de la corruption dans le pays. Le ministère des finances travaille aussi à des réformes très techniques qui assainissent le cadre des finances publiques: discipline budgétaire, simplification du système fiscal, ou encore introduction d’un système en ligne et transparent pour les retours de TVA.

La décision de Moody’s, c’est une amélioration très modeste: de Caa3 à Caa2, c’est-à-dire d’une « appréciation stable » à une « appréciation positive ». On est encore très loin des sacro-saints Triple A, dont bénéficie par exemple la France. Mais le signal est fort: grâce à cette simple amélioration, l’Ukraine a accès à des taux plus avantageux sur les marchés internationaux, pour emprunter. Un avis positif peut aussi encourager les investisseurs à venir s’implanter en Ukraine.

Et-ce que cela correspond à un mouvement réel dans l’économie? 

Ca s’inscrit dans une croissance économique soutenue, c’est sûr. + 2,3% l’an dernier, 2% cette année. On s’attend à 3% en 2018. C’est le signe que l’Ukraine a sorti la tête de l’eau, après une récession historique, une dévaluation catastrophique, une désorganisation totale de l’Etat dans un contexte de révolution et de guerre. Les annonces de création d’entreprises, d’industries, de start-up, se multiplient. Le Président Petro Porochenko a accueilli l’annonce de Moody’s en assurant que l’Ukraine était sur le chemin d’une transformation radicale, et ne s’arrêterait pas.

Pour autant, il faut relativiser. D’abord parce que la conjoncture politique et militaire en Ukraine reste très instable, et donc tout peut être remis en cause rapidement. Mais aussi parce que l’annonce de Moody’s concerne avant tout le secteur financier, et la reprise économique n’a pas encore d’effet visible sur le pays, sur l’état des infrastructures, ou même sur l’emploi. Par exemple, un des principaux moteurs de l’économie, c’est le complexe agro-industriel. L’Ukraine est certes l’une des premières puissances agricoles mondiales, mais ce n’est pas ça qui justifie des embauches en masse. Les Ukrainiens restent parmi les plus pauvres en Europe, en terme de PIB par habitant.

Que faudrait-il pour assurer une croissance qui profite à la population? 

Des économistes très pointus se sont cassés les dents sur cette question, donc on ne peut pas répondre avec certitude. Mais un des éléments de réponse, c’est le temps. Des réformes structurelles, en plus que celles que j’ai évoqué, peuvent changer la donne. Par exemple, la décentralisation du pouvoir vers les collectivités locales, la réforme de la santé, ou encore l’abandon des standards de production soviétique, et la modernisation de l’économie. Tout ceci peut, sur la durée, changer la nature même de l’économie ukrainienne.

Autre élément: il faudrait que la lutte contre la corruption soit efficace, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent. Exemple: je mentionnais la restructuration du secteur énergétique. Elle a été profonde, et réelle. Mais il y a deux jours, un scandale a éclaté: Viktor Medvetchouk, un oligarque ukrainien proche de Vladimir Poutine, contrôlerait 40% des importations, et maintiendrait les prix à la hausse! Difficile d’imaginer qu’il a pu entretenir un tel système sans que l’exécutif se rende compte de rien. L’exécutif qui, pendant ce temps, prête une oreille sourde aux critiques, tandis que le Procureur Général multiplie les enquêtes sur les réformateurs et les militants anti-corruption. Cela renvoie une impression de malaise, et ne donne pas vraiment d’espoir quant à une lutte sérieuse contre la corruption. Mais c’est pourtant cela, la véritable gangrène de l’économie ukrainienne.

Ecouter l’intervention ici

RFI: L’Ukraine coupe l’électricité à Louhansk

Papier radio diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 26/04/2017

Lancement: La guerre du Donbass continue de faire rage dans l’est de l’Ukraine. Mardi 25 avril, un soldat ukrainien a été tué des suites de bombardements près d’Avdiivka, au nord de Donetsk. Mais au-delà des échauffourées quotidiennes, la situation des infrastructures est en constante détérioration. L’Ukraine a coupé ses approvisionnements d’électricité, lundi soir, à la république populaire autoproclamée de Louhansk. La Russie promet de compenser.

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Sur la photo: Svitlana Savkevych, habitante d’Avdiivka, au nord de Donetsk. Les habitants d’Avdiivka sont soumis à de sévères restrictions d’électricité depuis environ le 20 avril. 

Plus d’un million de personnes dans le noir. La décision de la société de distribution d’électricité “L’union énergétique de Louhansk” de suspendre ses approvisionnements est officiellement motivée par une dette impayée de 171 millions d’euros. Elle marque en réalité un nouvel acte de rupture entre les territoires ukrainiens et séparatistes. Les habitants de Louhansk ne sont en fait restés quelques heures dans le noir, avant qu’une connection au réseau côté russe ne vienne compenser la coupure. Les autorités russes promettent des approvisionnements stables. Elles risquent bientôt d’avoir à subvenir aux besoins de la république de Donetsk, qui doit elle près de 200 millions d’euros à ses fournisseurs ukrainiens. Ce ne sont pas les premiers problèmes d’approvisionnements énergétiques dans la région, depuis le début d’un conflit meurtrier au printemps 2014. Plus de 10.000 personnes y ont perdu la vie. Et les infrastructures, de même que l’économie de la région, s’en sont trouvées dévastées, même côté ukrainien La ville portuaire de Marioupol est ainsi privée d’eau chaude jusqu’à moins en octobre. La guerre entre dans sa quatrième année, et rien n’indique un retour à la normale dans un futur proche.

Sébastien Gobert – Avdiivka – RFI

Donbass Blockades: Quo Vadis?

Arsen Avakov kept his word. On 13th March, the Minister of Interior did send his police forces against the activists running a blockade of railroads in the area of Toretsk (former Dzerzhinsk). At least 43 armed persons were arrested on the spot. The move has sparked anger across Ukraine. Several demonstrations were organised in different cities on 13th March. Namely in Kyiv and in some Western cities. At the time of publication, a few hundred demonstrators hold a rally on Kyiv Maïdan Nezalezhnosti. 

Per say, the Donbass “blockade” that was initiated in late January has not been broken up. Police has dismantled only one camp. Three are left untouched along the frontline:

  • the crossing « Svitlanove-Shepilove » in Luhansk region,
  • a crossing near Bakhmut (former Artemivsk) in Donetsk region
  • the motorway near Karbonit in Luhansk region.

Why the sole Toretsk transportation hub has been cleared remains an open question as of now.

Watch here the video of the Sherbynyvka blockade breakup

In essence, the 13th March police intervention does not change much. Trains and trucks are blocked on some routes and continue to cross the frontline on other spots, just as it was before.

Nevertheless, the government is considering declaring a “state of emergency” in the energy sector and warns of power cuts for industries and households in a near future because of a shortage in coal. “Ekonomishna Pravda” estimates that at least 800,000 tons of coal are exported from separatist-held territories to the rest of Ukraine. The exports may amount to some 10 million tons per year.

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In any case, activists plan to extend the scope of their actions.

  • A railroad between the two countries was blocked for a few hours in Sumy oblast on 4th March.
  • A group walled the Kyiv headquarters of “Sberbank Rossiy” on 13th March in protest to the persistence of economic and financial relations between Ukraine and Russia.
  • Both actions made mere symbolic moves yet they both fall under the logics of installing a full-scale blockade with Russia and its proxy republics of Louhansk and Donetsk.
  • Blockade’s coordinator Anatoliy Vynohrodsky has warned his activists were ready to block all connections “when we’re ready”.
  • Since their first actions in late January, they have started an open conflict with the Ukrainian authorities and the President Petro Poroshenko.

To stop the “trade in blood”

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“We want to stop the “trade in blood”, a tall war veteran nicknamed “Vlad” told me on 12th February in Sherbynyvka. He is himself exiled from the separatist-held territories. Two days before, he and his companions had set up a camp by the railroad that connects government-controlled Kostyantynivka and separatist-held Yasynuvata. This installation was among the ones dismantled on 13th March. In purchasing coal and anthracite coal mined in so-called DNR and LNR, Ukraine “finances their war against us. Some oligarchs and war profiteers benefit from it”, Vlad explained.

Vlad insisted also on denouncing the “Kyiv DoubleSpeak”. That is to say:

  • In the third winter of the conflict, the Donbass war is still not called a war. It is referred to as an “Anti-Terrorist Operation”.
  • Diplomatic relations with the Russian Federation are not broken.
  • A recently adopted “plan of reintegration of occupied territories” does not point to Russia as the occupying power.
  • When it comes to the trade links between separatist-held territories and the rest of Ukraine, the government is not explicit enough on the details of the deals. Back in September 2015, former U.S. ambassador to Ukraine Geoffrey Pyatt was already calling for “transparency in coal purchases in the anti-terrorist zone and abroad”, which came as an evidence of murky deals. The continuous uncertainty surrounding these deals feeds all kind of speculations.
  • Poroshenko’s blurry policy in dealing with the war and the peace negotiations is further put under question because of the recent multiplication of peace plans. Obscure political figures have pushed their own proposals up to the Trump presidential administration, in parallel to Kyiv’s official diplomacy. It leads to confusion as to the real intentions of Petro Poroshenko, as well as to his authority to lead an efficient diplomacy.

Nonetheless, the blockades have raised questions too.

  • Vlad assured me that he was “supported by citizens and patriots”. His company was nevertheless connected to the “Donbass battalion” and the “Samopomych – Self-reliance” party.
  • MPs Semen Semenchenko and Oksana Syroid have acted as main organisers and spokespersons of the blockades.
  • “Narodniy Front – Popular Front” and “Radikalna Partiya – Radical Party” have also been active in supporting the blockades.
  • Critics believe some strong financial interests are behind the blockades, namely competitors of the oligarch Rinat Akhmetov.

Useful idiots and liars? 

One of the first arguments authorities oppose to these critics is quite a sound one: “it is naive to believe separatists will run out of weapons and ammunitions if we cut trade routes, since we all know they are supplied by Russia”, Yuriy Grimchak told me in the Ministry of Temporary Occupied Territories in Kyiv. Himself in exil from Donetsk, he is a advisor to the Minister, Vadym Chernysh.

There is no evidence that a full-scale blockade would weaken the pro-Russian and Russian forces nor that it would give local populations some incentives for reintegration with Ukraine. A similar “citizen blockade” of the border from Ukraine with Russia-annexed Crimea had last for a few months in late 2015. The peninsula residents had suffered from shortages and power cuts. Yet the blockade did not produce any sign that Crimea could ever go back to Ukraine.

The official policy of the Kyiv government is to abide by the Minsk Peace Agreements and to prepare for the reintegration of the separatist-held territories within Ukraine. In that perspective, Petro Poroshenko and his team have repeatedly opposed any form of “isolation of these territories, which de facto leads to give them as presents to Russia”. “This land is neither to take, nor to give”, he stressed in mid-February. The fact that no less than 25,000 civilians try to cross daily from one side to the other of the contact line is seen as an encouragement for reintegration. So are trade links.

It has to be noted here that the idea of a blockade has been voiced by Oleksandr Turchynov in late 2016. He is nevertheless the Secretary of the National Council of Security and Defence and a reliable collaborator of Petro Poroshenko. Such a declaration, followed by effective blockades a few weeks after, leads some analysts to believe Oleksandr Turchynov in fact supports the blockades and pursues his personal political ambitions.

Another of the authorities’ arguments is that « this trade does not finance separatists, as most of the companies selling coal to our plants are registered in Kyiv and pay taxes to us”, Yuriy Grimchak adds.

  • According to him, companies operating in so-called DNR and LNR and registered in Ukraine have paid up to 32 billion hryvnias (about 1 billion euros) of taxes in 2016. For the same year, the Ukrainian military expenses amounted to 65 billion hryvnias (about 2,2 billions euros). “These companies have financed half of our 2016 war effort!”, Yuriy Grimchak asserts.
  • Yuriy Grimchak does not take into account here that these companies automatically have to pay some kind of compensation to separatist authorities. As blockade-supporters stress, it is not thinkable that these companies could keep operating without any control from Donetsk and Luhansk. This is one of the “grey zones” surrounding the trade with so-called DNR and LNR.

Another argument that is opposed by Yuriy Grimchak and Kyiv authorities is that a full-fledge separation of separatist-held territories from Ukraine would prove impossible and dangerous.

  • When it comes to the case of water supplies, the canal “Severskiy Donets-Donbass” starts in Ukraine-held territories. It flows southwards through the city of Donetsk and ends up in the port city of Mariupol. “We could cut the water supplies to Donetsk, for sure. Yet it would also mean cutting water supplies to our Marioupol”, Yuriy Grimchak explains.

The same kind of interdependency goes for many of the energy and industrial infrastructures across the region.

  • The Schastye power plant is located on the Ukrainian side of the front line in the North of Luhansk. It supplies power to rebel-held Luhansk itself, while in turn being supplied with coal from mines in separatist-held districts of the Luhansk and Donetsk regions.
  • Steel plants such as the Enakievo Steelworks in the separatist-held Donetsk region depend on supplies of coke from the Avdiivka coke plant on Ukrainian side. Avdiivka in turn is supplied with coking coal from a mine in separatist-held Krasnodon.

According to Yuriy Grimchak, anyone who believes “in a complete separation by tomorrow is either a liar, or an idiot”. As for the activists on blockades, he considers them as “useful idiots … I mean, maybe they are no idiots. But they are definitely useful to someone”.

In late February, pro-blockade political groups failed to registered a bill “On the Occupied Territories” at the Verkhovna Rada (Parliament). The bill was meant to prohibit the trade between the separatist-territories and the rest of Ukraine. Yet their failure shows that proponents of the blockades remain a political minority.

Alternative supplies

The argument of the interdependency raises the question of the development of reform of the energy sector and the search for alternative supplies of energy. When it comes to anthracite coal, 99% of the Ukrainian consumption comes from the ATO zone, that is from non-controlled territories for the main part. The anthracite power-generating units produce about 15% of Ukraine’s electricity. Prime Minister Volodymyr Hroissman has publicly feared that, were the blockades to continue, Ukraine would loose 75,000 jobs and up to 3,5 billion dollars.

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The government has recently assured that it would have to compensate the shortages of coal from separatist-held territories with imports from Russia. As such, it seems like a good argument against the ambitions of the activists of a full-fledge separation. Yet it raises some more questions:

  • Analysts have raised suspicions over the past three years that parts of the coal mined in DNR and LNR was purchased on formal basis by Russian companies only to be further sold to Ukrainian and European consumers. If the contact line is closed to the “trade in blood”, the same coal may travel to Ukraine through different transit points.
  • Imports from Russia are not the only alternative Ukraine has, experts point out. Back in 2014-15, some coal were imported from South Africa, despite some murky details surrounding the deal. As of now, Ukraine has the possibility to import coal and anthracite coal from Australia, the U.S.A., and Vietnam.
  • Government says that attempts to set up imports based on competitive price have not been yet successful. At the same time, some experts are sceptical about the statement. A 2015 “BNE Intelligence” report had discovered that contracts of coal imports involved some offshore company based in Cyprus, as well as at least three “fictive” companies registered in the Kyiv region. Nowadays, details of energy imports to Ukraine remain suspicious to many analysts.
  • The underlying fear is that the Kyiv authorities are more keen on preserving a status quo and Rinat Akhmetov’s economic interests than to diversify energy supplies.

The search of alternative sources of energy supplies is not the only option considered.

  • A logical alternative to separatist coal may the reduction of energy consumption and the increase of energy efficiency of the whole system of production and distribution. The government is officially engaged on this path. Yet results are long to take effect as environment activists denounce.
  • The modernisation of power-generating units so as to have them running on a different type of coal or on other sources of energy such as gas or fuel. A program of modernisation was adopted back in 2015 and was supposed to be completed by summer 2017. Results are also not obvious.

The fact that Ukraine is still dependent on coal and anthracite coal mined in separatist territories causes uproar in the Ukrainian society as citizens contributed to the program of modernisation of power-generating units.

  • Tax payers were burdened with an extra 10 billion hryvnias (about 3,5 billion euros) from March 2016 onwards. According to the so-called “Rotterdam +” formula, Ukrainian consumers started paying more from March 2016. “Rotterdam +” means the price of coal at the Rotterdam port + transportation. The electricity bills were meant to include such a formula, although the coal was in fact imported from so-called DNR and LNR.
  • The extra revenues both the state and energy suppliers generated was meant to support the modernisation of power-generating units.
  • The fact that these units have not yet been modernised and adapted raises suspicions as to where the extra revenues went to.
  • According to the Ukrainian Crisis Media Center (UCMC), the suspicions run high that both state players and Rinat Akhmetov’s energy companies made huge profits on these schemes.
  • In that perspective, the UCMC calls the warnings of forced coal imports from Russia a mere “intimidation of the public opinion”.

Separatist ultimatum

On their side of the front line, separatist authorities have also reacted negatively to the blockade. The activists’ initiatives endanger the economic situation in these territories, both in terms of revenues for the local authorities and in terms of employment.

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Amid some new warmongering declarations, separatist authorities have requested the companies operating on territories they control to change their registration from Kyiv to Donetsk and Luhansk.

  • They placed some 40 companies under “external control” in late February and set a 1st March deadline for registration.
  • An an official statement by the System Capital Management (SCM) holding, owned by Rinat Akhmetov, the oligarch has refused to register his companies in separatist-held territories. Some 20 of the 40 seized companies depend on SCM, as well as some 20,000 employees.
  • Donetsk and Luhansk have since started the process of nationalisation of these companies.

The move is explained by a few factors:

  • Ukraine has been competing with Russia on the metallurgical market, so weakening Akhmetov’s positions by Russia has been just a matter of time.
  • Russia may switch from the model of funding “DPR” and “LPR” to the model of their “self-financing.” Nationalisation of these companies may be a way to increase the level of “local” revenues.
  • Russia may also be interested in energy instability in Ukraine and decline in its steel industry.
  • It may be part of a targeted attack on the economic empire of Rinat Akhmetov. His charity network of delivering humanitarian aid to the separatist-held territories have also been seized alongside his companies.

Rinat Akhmetov: An oligarch under threat? 

In this blockade issue, Rinat Akhmetov is an unavoidable actor as the developments of the situation threaten the industrial and financial networks he had managed to preserve since 2014. He remains the richest man in Ukraine despite some significant losses since the Revolution of Dignity. He has played a dubious game since, which may come to an end because of the blockades.

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According to the estimates of the investment company Dragon Capital, the SCM holding loses 5 to 10 million dollars a month because of the blockade. Were the “nationalisation” of his DNR-LNR companies to become effective, he would loose much more.

Rinat Akhmetov owns 70% of Ukrainian thermal power plants.

  • Since March 2016, Ukrainian consumers pay their bills to these plants according to the “Rotterdam +” formula.
  • Yet the plants have been using anthracite coal from so-called DNR and LNR.
  • Rinat Akhmetov has not implemented the plan of modernisation of power-generating units in his plants.
  • SCM has not made public the real purchase price for its coal. Hence speculations run high that the price of produced electricity is not justified by the price of purchased coal, which may be extremely low.
  • Some experts believe that part of this coal comes from so-called “kopanki”, that is illegal mines. Both Rinat Akhmetov and the Yanukovych “Family” had an intensive use of kopanki before the war that was meant to embezzle state subsidies and artificially raise prices.
  • It is thus fair to assume that SCM holding has made huge profits on such a scheme.
  • This has automatically been done with the government’s tolerance, if not approval.

Rinat Akhmetov’s interests and perspectives are endangered by the developments of the blockade situation.

  • On the Ukrainian side, he may be forced to finally comply with the 2015 modernisation program and to give up on his artificially-generated profits.
  • On the separatist side, he has a lot to loose when it comes to his well-integrated industrial networks.
  • A re-registration of his companies in non-recognised DNR and LNR would ruin his perspectives of export across the world.
  • His political influence on both sides of the frontline would also be endangered.
  • Although it remains to be seen whether separatists and Russians would effectively complete the nationalisation of Akhmetov’s assets. In doing so, they would need some strong financial capacities in order to ensure the paiements of salaries and the running of the plants. They would also need to secure export markets for their production.
  • Aside of the industrial assets, Rinat Akhmetov’s monopoly fixed-phone operator “Ukrtelekom” had to shut off part of its network in Donetsk oblast  on 1st March. This followed the seizure of the Donetsk offices by separatist authorities on 1st March. Some 200,000 phones went off. This is a net loss for the company.
  • The processus of nationalisation of Akhmetov’s assets, along with many other Ukrainian oligarchs’, takes also place in Russia-annexed Crimea. It remains unclear whether the oligarch obtained any compensation for his losses.

Ukrainian medias and experts question whether this may be the end of Akhmetov’s empire.

To be continued

As economist Timothy Ash states, the blockades “have developed a dynamics on their own, which may be hard to stop”.

As the police intervention on 13th March has showed, the Kyiv authorities may move to break up the blockades in the near future, as they did with the Crimea “citizen blockade” in late 2015. Yet the underlying issues remain.

  • The Ukrainian energy sector has not been effectively reformed.
  • Ukraine is still dependent – some would say « taken hostage » – on coal from separatist-held territories as well as on large financial interests such as Akhmetov’s.
  • Petro Poroshenko faces more and more domestic opposition, which questions his authority and his ability to conduct an efficient policy. Blockades’ proponents swear to take down what they describe as an “oligarchic-kleptocratic” regime, which is now the “first trade partner” of Russian-backed separatists.
  • More troubles from these protesting groups are to be expected.

RFI: Tchernobyl, enfin confiné

Reportage diffusé sur RFI, le 30/11/2016

L’ambiance était festive hier 29 novembre… à Tchernobyl. Plusieurs centaines de hauts dignitaires s’étaient rassemblés au pied du réacteur numéro 4 de la centrale. Celui qui avait explosé, le 26 avril 1986, et provoqué la pire catastrophe nucléaire de l’histoire. Elle est maintenant recouverte d’un nouveau dôme de confinement géant. 

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Tchernobyl a disparu. Le réacteur numéro 4 de l’ancienne centrale Lénine, qui a fait trembler le monde depuis son explosion, le 26 avril 1986, n’est plus visible. Il est aujourd’hui recouvert par une nouvelle enceinte de confinement géante. Cette arche, de son nom officiel, est une prouesse technique. Tristan Loiseau est un jeune ingénieur français du consortium Novarka, qui rassemble les sociétés Vinci et Bouygues, chargé du projet.

Tristan Loiseau: Pour nous tous ici, c’est un accomplissement. Ca a été des heures de travail, de sueur. Mais… l’arche de Tchernobyl est sur son réacteur, ça fait déjà plaisir. Il y a une dimension historique, forcément. On vient mettre un pansement sur le sujet Tchernobyl.

L’arche de Tchernobyl est un projet hors norme: la structure de 36.000 tonnes, pourrait recouvrir Notre Dame de Paris. Le budget de cette arche est aussi remarquable: il était estimé à l’origine à 432 millions d’euros mais le cout réel s’élève aujourd’hui à un milliard et demie. Ils sont financés par plus de 40 pays et organisations internationales.

Pierre Duprat est le directeur de communication de Vinci. Il explique l’explosion des coûts par des difficultés techniques considérables. Selon lui, le budget est tout à fait justifié.

Pierre Duprat: La sécurité dans le domaine du nucléaire n’a pas de prix. Cette arche était nécessaire, elle n’est pas trop onéreuse, elle est absolument parfaite, elle est prévue pour confiner le problème pendant 100 ans. Elle est aussi prévue pour héberger du matériel qui servira à démanteler. Donc c’est une arche qui est très sophistiquée mais qui était totalement indispensable pour qu’un jour, on espère en avoir fini avec le problème de Tchernobyl. 

L’arche vient recouvrir le premier sarcophage, bâti à la hâte en 1986. Il menaçait de s’effondrer depuis des années. Mais sous le nouveau confinement, Tchernobyl ne dort toujours pas. Iryna Golovko est une militante écologiste ukrainienne. Jointe par téléphone, elle explique que le démantèlement du réacteur et le traitement des déchets nucléaires ne doivent pas attendre. Elle doute néanmoins de la volonté politique.

Iryna Golovko: Le démantèlement, ça veut dire des infrastructures complémentaires à ce qui existe aujourd’hui. Il n’y a pas eu beaucoup de préparations pour permettre le début de ce démantèlement. Il y a beaucoup de points d’ombres sur le budget, sur les plans, sur les délais, sur le maître d’oeuvre… 

Novarka a jusqu’à novembre 2017 pour préparer l’arche aux travaux de démantèlement. Reste à savoir ce que la communauté internationale voudra faire de Tchernobyl, maintenant que le réacteur n’est plus visible.

Ecouter le reportage ici

Libération: Tchernobyl; un triomphe pour l’arche de confinement ?

Reportage publié sur le site de Libération, le 29/11/2016

La structure a été inaugurée en grande pompe ce mardi par le président ukrainien. Construite par Bouygues et Vinci, elle a coûté 1,5 milliard d’euros, financés par plus de 40 pays et institutions internationales. Mais l’aboutissement de ce projet n’est qu’une étape dans la lutte contre les conséquences de la catastrophe de 1986.

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C’est l’un des projets d’ingénierie les plus ambitieux de l’histoire. Ce mardi, la communauté internationale inaugure la nouvelle arche d’isolation de Tchernobyl. En construction depuis 2012, la structure est de fait remarquable : 36 000 tonnes de matériaux répartis sur 257 mètres de largeur, 162 mètres de longueur et 108 mètres de hauteur. Un projet qui n’a pas son pareil dans le monde.

Pire catastrophe de l’histoire

Le tout a été assemblé à 327 mètres de l’ancienne centrale «Lénine», afin de limiter l’exposition à la radiation. Une fois l’arche achevée, il a donc fallu la glisser, grâce à 224 vérins hydrauliques, vers le bâtiment. A raison de 60 centimètres par secousse, il a fallu plusieurs jours pour qu’elle atteigne son but, et recouvre entièrement le réacteur numéro 4. Le 26 avril 1986, c’est ici qu’une explosion a engendré la pire catastrophe nucléaire de l’histoire, dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Et dont les impacts – coûts de nettoyage, traitements, conséquences sur l’agriculture, santé, etc. – ont été évalués à 700 milliards de dollars par l’ONG Green Cross à l’occasion des 30 ans de la catastrophe.

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«Nous sommes très fiers de ce que nous avons réussi à accomplir avec nos partenaires», s’est fendu Nicolas Caille, au moment de l’amorce du glissage. Lui est directeur de projet pour Novarka, le consortium chargé de la construction, réunissant les français Vinci et Bouygues. «Mais il nous faut espérer, compte tenu des circonstances, que jamais une telle structure ne sera à construire de nouveau.» La durée de vie de l’arche est estimée à une centaine d’années.

Sarcophage de confinement

Il était temps de recouvrir le réacteur. Un premier sarcophage de confinement, bâti à la hâte en 1986, se craquelle depuis des années. Novarka avait remporté un appel d’offres en 2007, pour un projet alors estimé à 432 millions d’euros et environ quatre ans de travaux. 900 personnes devaient être employées sur le site, au plus fort de la construction. Fin 2016, l’arche a coûté 1,5 milliard d’euros, financés par plus de 40 pays et institutions internationales, en premier lieu la Berd. Plus de 2 500 ingénieurs et techniciens internationaux travaillent sur le site, sans compter des centaines de travailleurs locaux.

Les défis techniques se sont accumulés au fil du temps, depuis la réévaluation des dimensions de l’arche jusqu’aux découvertes de débris radioactifs en tout genre sur le site de construction. Sans oublier que les conditions de sécurité ont été prises très au sérieux : il s’agissait pour Novarka de ne pas ajouter au bilan humain de Tchernobyl. Aucun accident  radioactif sur le chantier de l’arche n’est à déplorer. En 1986, une trentaine de personnes avaient péri des conséquences directes de l’explosion. Dans les mois qui ont suivi, plus de 600 000 liquidateurs ont œuvré à l’isolation du site, en recevant des doses de radiation moyennes de 100 millisieverts.

Système métabolique

Pour ces milliers de personnes et les populations de la région, les problèmes de santé restent conséquents. «Le système métabolique des enfants n’est pas normal, expliquait Iouriy Bandajevskiy, docteur dans le canton d’Ivankiv, à 60 kilomètres à vol d’oiseau du réacteur numéro 4. A partir de là, nous pouvons prévoir des pathologies qu’ils développeront à l’âge adulte : des problèmes oncologiques, cardiaques, des grossesses compliquées pour les femmes…» Reste à savoir si ces pathologies affecteront les travailleurs de Novarka dans les années à venir.

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Certains observateurs mettent aussi en avant une composante incontournable de l’Ukraine contemporaine : la corruption. Aucune enquête ne vise directement le projet d’arche. En juillet néanmoins, la police nationale a mis sous scellées certains biens de la centrale nucléaire de Tchernobyl, dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds. «La direction de la centrale a détourné une partie de l’aide financière de plusieurs pays, et l’a sortie du pays en utilisant plusieurs sociétés internationales», détaille un compte rendu d’un tribunal de Kiev.

Selon le média d’investigation Nashi Groshi («Notre argent»), plus de 600 000 euros se seraient évaporés. Un cas qui a pu, directement ou non, affecter l’environnement de travail de Novarka, et contribuer au retard du projet. Ce ne serait qu’un cas parmi d’autres. «C’est sûr que, sans la corruption, le projet aurait pu être moins onéreux de quelques centaines de milliers d’euros…» confie, sous couvert d’anonymat, un employé de Novarka en marge de la cérémonie d’inauguration de l’arche, mardi.

Zones interdites

Avec l’arche, se pose aussi la question du devenir des zones interdites et dites d’évacuation obligatoire (2 600 km2 contaminés, où chasse, pêche et agriculture sont interdites). Connue comme une réserve naturelle à la faune luxuriante, la région est traditionnellement agricole. Les champignons mais aussi le gibier et le poisson en sont exportés illégalement, ajoutant aux nombreux trafics qui caractérisent la zone depuis des décennies. Les impressionnants stocks de métal, issus d’usines, de camions ou d’hélicoptères, auraient quasiment été épuisés par les contrebandiers.

En contrepoint à ces stéréotypes, le gouvernement de Kiev affirme vouloir amorcer une renaissance de la région de Tchernobyl. «C’est le début de la fin de notre long combat contre les conséquences de l’accident de 1986», a lancé le ministre ukrainien de l’Ecologie, Ostap Semerak. Cet été, il a dévoilé des plans de développement d’un parc photovoltaïque géant, qui serait assuré dès 2017 par des sociétés chinoises. Le président Petro Porochenko a aussi évoqué l’idée d’établir un centre de recherches près du site de la centrale.

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Des annonces qui posent de nombreuses questions quant aux possibilités de réalisation de telles ambitions. Dans l’immédiat, la pose de la nouvelle arche marque le début d’un lent processus, inévitable, de démantèlement du réacteur numéro 4 et de traitement des déchets nucléaires. «C’est là que le véritable défi commence, analyse Iryna Golovko, militante écologiste au sein du Centre national Ecologique de l’Ukraine. Mais force est de constater que, pour l’instant, il n’y a pas de plan précis, et encore moins de financement… Les pays donateurs ne semblent pas pressés de contribuer à ce programme, après avoir renchéri plusieurs fois pour construire l’arche. Et on peut toujours douter de la détermination politique des Ukrainiens à mener à bien le démantèlement du réacteur. Cette nouvelle arche n’est qu’un début.»

RFI: Négociations de la dernière chance pour l’eau du Donbass

Papier radio diffusé dans les journaux de la matinale, sur RFI, le 23/11/2016

Négociations de la dernière chance ce mercredi à Minsk. Un groupe de travail sur la guerre dans l’est de l’Ukraine s’y réunit pour tenter de trouver un moyen d’assurer l’acheminement d’eau à 600.000 personnes. Ils ont jusqu’à la fin novembre pour éviter une crise humanitaire. 

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A première vue, c’est un simple problème technique. La compagnie d’eau qui alimente un bassin de 600.000 personnes est située côté ukrainien. La plupart des consommateurs vivent côté séparatiste. Ils n’ont pas accès à un système bancaire fiable et ils ne pas peuvent payer leurs factures. Mais dans le contexte de guerre, difficile de trouver une solution. Nicolas Fleury est le directeur adjoint de la Croix Rouge Internationale en Ukraine. Le CIRC a déboursé 700.000 dollars pour payer les factures d’octobre et de novembre.

Nicolas Fleury: Malheureusement ce n’est qu’une situation temporaire, qui ne fait qu’acheter un peu de temps pour que les négociations politiques aboutissent. 

Les négociations politiques, elles trainent, malgré l’urgence. Sanela Bajrambasic, porte-parole du CICR, appelle à une prise de conscience des parties.

Sanela Bajrambasic: En plus des difficultés actuelles, s’il n’y a plus d’eau, cela veut dire des problèmes pour les enfants, pas d’eau pour le chauffage, et toutes sortes de complications qui pourraient créer un désastre humanitaire. On a du mal à imaginer. 

Alors que des négociations cruciales se tiennent aujourd’hui, cette situation aberrante vient rappeler, une fois encore, à quel point la guerre a déchiré la région du Donbass, et ses habitants.

Libération: « La Russie a traditionnellement entravé notre potentiel économique »

Entretien avec Volodymyr Hroïsman, Premier Ministre ukrainien, publié dans Libération, le 26/10/2016

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En visite en France jeudi et vendredi, le Premier ministre ukrainien, Volodymyr Hroïsman, revient sur les relations de son pays avec Moscou.

A38 ans, Volodymyr Hroïsman est le plus jeune Premier ministre de l’Ukraine indépendante. En poste depuis avril, il est perçu comme l’homme du président Petro Porochenko, son allié de longue date. Il se voit avant tout comme un bon manager et un réformateur prudent. Volodymyr Hroïsman sera en France jeudi et vendredi pour des rencontres de haut niveau.

Votre président a rencontré Poutine, Merkel et Hollande le 19 octobre, afin de relancer le processus de paix dans l’est de l’Ukraine. Comment mener les réformes que vous défendez dans un pays en guerre ?

Ce conflit, ce n’est pas seulement un défi pour l’Ukraine, mais bien pour toute l’Europe. Il ne faut pas se voiler la face. Considérons la Crimée. Avant l’annexion par la Russie en 2014, c’était une grande zone balnéaire. Aujourd’hui, c’est une base militaire, qui pose un danger pas seulement à l’Ukraine, mais au monde entier. Il faut réagir. Et il faut comprendre que la frontière que notre armée protège, ce n’est pas la frontière orientale de l’Ukraine, mais de l’Europe. Là-bas, nos forces armées font face à l’armée russe, l’une des plus puissantes au monde. La guerre est un défi évident. Mais l’Ukraine, ce sont 45 millions d’habitants, avec leurs besoins, leurs activités, leurs ressources, leur potentiel. L’économie ukrainienne a ses logiques propres, qui se développent malgré la guerre.

La Russie était il y a peu le principal partenaire commercial de l’Ukraine. Comment développer l’économie nationale sans échanger avec la Russie ?

La Russie a traditionnellement entravé le potentiel économique de l’Ukraine afin de nous maintenir dépendants. Aujourd’hui, nous avons perdu notre accès traditionnel au marché russe. La réorientation qui nous a été imposée, vers l’ouest, aide à la modernisation de l’économie. C’est un défi certain, mais nous en sortirons renforcés.

Il semble que l’Ukraine redresse la tête après une grave récession. Quelles garanties pouvez-vous donner à d’éventuels investisseurs que leurs projets seront protégés contre la corruption et les abus qui caractérisent toujours votre pays ?

Il est dans l’intérêt de notre pays que ces investissements ne soient pas seulement protégés mais aussi fructueux. Nous avons entamé une réforme judiciaire d’envergure afin que les abus de fonctionnaires corrompus soient punis. De même, nous avons lancé les réformes de la fonction publique, de la décentralisation, de la dé-oligarchisation. Nous travaillons à un développement sain de notre pays, afin d’en favoriser l’intégration européenne. Quand on parle de la réforme du secteur de l’énergie, savez-vous qu’Engie [ex-GDF Suez, ndlr] envisage d’opérer en Ukraine ? Avant, cela aurait été simplement impossible, à cause de la corruption du secteur. Evidemment, il y a des problèmes. Mais nous avançons dans la bonne direction. Le point faible, c’est que nous n’allons pas assez vite, c’est tout.